Danse

« People in a Field », les vents contraires de Simon Tanguy

« People in a Field », les vents contraires de Simon Tanguy

28 janvier 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’était en 2011. Nous découvrions alors le deuxième prix du concours Danse élargie que le Théâtre de la Ville propose à la fin de chaque saison. Simon Tanguy présentait Japan, une composition faite de contraintes. C’était époustouflant. Quatre ans après, sa nouvelle création, People in a field impose son écriture chorégraphique faite de distorsions et de souffle

[rating=3]

Nous sommes quelque part entre Woodstock et le Larzac, surement dans les années 70 à en croire les riffs de guitares qui nous arrivent. Sur scène, une batterie est posée sur le côté. En un roulement de tambour nous voyons jaillir, dans le geste qui semble être la signature de ce jeune chorégraphe, cinq danseurs qui portent dans leur dos leur nationalité : Estonie, Pologne, Maroc… La danse arrive ici par la tête qui entraîne le corps dans un mouvement anti-naturel. Les genoux se cognent, la course se fait en arrière, comme si les interprètes étaient happés par quelque chose.

Ici, nous avons un retour à l’archaïque avec des scènes de découvertes de l’autre, une voix qui respire fort et des amusements. Tanguy veut questionner le temps d’un court spectacle, l’expérience de l’Utopie. Faire corps, être ensemble dans une harmonie totale. Il y a beaucoup d’engagement physique dans cette pièce qui laisse peu de place au répit. Tanguy s’essaie, et cela avouons le manque de fluidité, à l’exercice du collage. Quatre temps ici, nous font passer du silence à la voix, en passant par des chorégraphies aux énergies différentes. Dans sa troisième phase, le spectacle cherche le beau et l’harmonie dans une forme qui apparaît d’un coup comme classique.
La force de Simon Tanguy est déjà là, dans cette sensation que son écriture fonctionne déjà et qu’il a inventé un acte chorégraphique puissant.
Même si People in a Field ne percute pas tout le temps, les trajectoires qui imposent aux danseurs de se choquer sont d’une absolue justesse. A 30 ans tout rond, il a le sens de l’inattendu et devrait longtemps continuer à travailler les rebonds que lui offre la respiration.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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