Danse

« OUTWITTING THE DEVIL » Akram Khan et ses démons dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon

« OUTWITTING THE DEVIL » Akram Khan et ses démons dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon

18 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Sans aucune surprise, le célèbre chorégraphe a livré ce soir dans la Cour un spectacle rempli d’effets, de sur-jeu et de stéréotypes sur la finitude de l’humanité.

Le londonien est connu pour sa maîtrise de la danse traditionnelle indienne. Dans Outwitting the devil elle est très utilisée dans des bras omniprésents et des dos très expressifs. Dans un geste qui frise le mime, Dominique Petit, si proche de Carolyn Carlson est ici un vieux monsieur, volontairement sale, qui arrive sur la scène toute remplie de briques noires comme des petites pierres tombales. Il raconte un rêve : « nuit après nuit, je fais toujours le même rêve : je suis jeune, immortel et je tiens une hache dans ma main. Le jeune homme ne peut pas imaginer qu’il deviendra vieux ».

Comme toujours chez Khan, les tableaux sont très théâtraux. Ici, les démons sont des hommes et des femmes, jeunes et vieux. Ching-Ying Chien, Andrew Pan, Dominique Petit, Mythili Prakash, Sam Pratt et James Vu Anh Pham sont tour à tour les fantômes et les vivants.

Les interprètes se prêtent au jeu de ce show très spectaculaire avec beaucoup de pugnacité. Rien à dire là dessus, leurs souplesses offrent des axes bas et des ouvertures de hanches extrêmes. Il faut saluer également les danses de groupes qui, même si dans leur écriture, n’offrent aucune modernité, sont l’occasion de fulgurants tournoiements aux allures derviches.

Car oui, la pièce convoque bon nombre de figures tutélaires allant de la pietà aux postures animales.  Le chorégraphe se met alors à illustrer de façon poussive, dans une parole venant chercher le beau de façon forcée.  La composition de chaque tableau qui inscrit dans son essence un arrêt sur image épuise. Ajoutons que la musique omniprésente et la lumière très illustrative ajoute à la sensation de théâtralité.

Sur le fond, on doute du message très facile-à-penser. Est-il besoin encore d’alerter de façon naïve sur l’immense chaos climatique ? Le temps n’est-il pas plutôt à l’action ? Le sujet est très actuel, il est d’ailleurs traité au  Festival d’art lyrique d’Aix en Provence. Roméo Castellucci, lui,  prouve, dans son énième chef d’oeuvre, que la fin est le début de tout dans une danse sans volonté didactique. 

Jusqu’au 21 juillet Cour d’honneur du Palais des papes à 22h00- Durée 1h20

Visuel : Outwitting the devil – © Jean Louis Fernandez

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