Danse

Les métamorphoses de Salva Sanchis au Théâtre de la Bastille

Les métamorphoses de Salva Sanchis au Théâtre de la Bastille

10 avril 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Attention ! Beauté ! Le chorégraphe catalan Sava Sanchis est sur la scène du Théâtre de la Bastille, en collaboration avec l’Atelier de Paris et en très belle compagnie. Radical Light est radicalement lumineux !

[rating=5]

On connaît le nom de Salva Sanchis pour ses travaux avec la reine Anne Teresa de Keersmaeker. Ils ont en commun un art de la suspension et du rythme déphasé. Radical ligth est une pièce libre où la danse vient s’inspirer autant de la rue que des conservatoires.  Gestes venus d’Inde ou des Battle Hip Hop, la seule question ici est de se lancer sur le losange orange qui occupe le plateau.

Les danseurs sont éblouissants. Stanislas Dobàk, Inga Huld Hàkonardottir, Salva Sanchis, Peter Savel et Thomas Vantuycom ne seront pas dans la même énergie. C’est la singularité de chacun qui fait corps ici. Pas de cinq déphasé donc, où les vrilles sont de rigueur et les épaules s’ouvrent vers l’arrière et les mains se placent en don.  Les torsions frisent le déséquilibre sans jamais chuter. Les têtes sont légères et embarquent le buste. Tout n’est que connexion.

C’est tourbillonnant, car on ne s’attend jamais à la phrase suivante. Arrêt net, sortie de scène, explosion d’un geste emprunté au Bollywood à une vitesse autant inhumaine que maîtrisée…tout est fascinant ici.

On retouve cette fluidité tant présente dans Love Suprême que Salva Sanchis chorégraphiait avec Anne Teresa de Keersmaeker.  Radical Ligth est tout aussi généreux et tout autant en relation avec la musique, ici composée par Senjan Jansen et Joris Vermeiren, qui glisse d’un frisson à une techno minimale addictive.

Tout est pulsation et pulsion ici, dans un flux chaud. Salva Sanchis n’est en réalité plus chorégraphe. Il a quitté la scène en 2017 pour se dédier à la Psychologie.

Visuel  © Photo Bart Grietens

Agenda Classique de la semaine du 9 avril
Entretien avec Graeme Macrae Burnet « Je crois vraiment que le lecteur termine le livre »
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *