Danse

« M. et Mme Rêve », le monde virtuel de Marie-Claude Pietragalla et de Julien Derouault

« M. et Mme Rêve », le monde virtuel de Marie-Claude Pietragalla et de Julien Derouault

23 mars 2014 | PAR Marie Boëda

La nouvelle création de la compagnie Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault est au Grand Rex jusqu’au 29 mars. Hommage à Ionesco, « M et Mme rêve » est un spectacle innovant grâce à des images 3D redéfinissant l’espace et les mouvements qui stimulent les pupilles !  Il en découle un spectacle poétique et entrainant dont les effets, parfois trop spectaculaires, dominent le reste.

C’est la première fois que la salle de cinéma accueille une chorégraphie. Mais quelle chorégraphie ? « M. et Mme Rêve » est aussi grandiose que certains films américains. Des écrans encadrent la scène et donnent une perspective au spectacle.

Le désir d’emmener le public dans un autre univers en s’appuyant sur des procédés innovants laisse planer une brume poétique post contemporaine sur le spectacle. Les thèmes du rêve, si cher à Ionesco, et de l’enfance sont soutenus par des paysages mouvants et sereins ou des compositions visuelles abstraites. Mais attention à ce que le décor ne concurrence pas l’interprétation des deux uniques danseurs de la pièce ! Des danseurs parfois perdus entre des écrans immenses qui accaparent le regard.

Les nombreux tableaux, très différents les uns des autres, alternent entre humour et grâce. Comme la parodie du Lac des cygnes. La scène se passe dans une église où les vitraux laissent rentrer la lumière et transforment l’atmosphère ; l’humour noir domine.

Julien Derouault, danseur et chorégraphe, à la personnalité explosive et doué d’une assurance provocatrice remplit la scène par son charisme. Il réussit à donner beaucoup d’humour à un spectacle qui se veut l’ambassadeur d’un des pères du « théâtre de l’absurde ».

Avec lui, la danseuse étoile Claire Marie Osta remplace Marie-Claude Pietragalla. Jeune retraitée de l’opéra de Paris, au style bien différent mais complémentaire. Dotée d’une esthétique épurée et rêveuse, elle est parfois dans l’ombre de Julien Derouault. Mais elle réussit à apporter sa touche personnelle au spectacle en gardant sur scène la vulnérabilité d’un enfant. Emouvante de tendresse et d’humour dans certains jeux avec son partenaire, elle se révèle dans des solos au style plus classique.

Bien que blessée à la hanche, Marie-Claude Pietragalla est venue saluer le public sous un déferlement d’applaudissements.

Photos (c) : Le Grand Rex

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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