Danse

Les combats de Laurence Yadi et Edouard Hue au Festival Faits d’Hiver

Les combats de Laurence Yadi et Edouard Hue au Festival Faits d’Hiver

31 janvier 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Deux pièces très liées sur le fond mais pas sur la forme étaient à voir hier au Centre Culturel Suisse. Today de Laurence Yadi et Nicolas Cantillon et Forward d’Edouard Hue.

 

 

C’est la première fois que Laurence Yadi danse seule, depuis la fondation de sa compagnie 7273 en 2003. Et elle semble avoir accumulé beaucoup en seize ans. De la colère, de la rage, de la détermination. La lumière est un jet qui vient d’en haut, stable. Elle a les cheveux tirés, le visage serré et elle porte une combinaison pantalon noire sans saveur. Tout nous amène à penser la douleur. Puis vient le geste. LE geste oui. Un seul et qui sera permanent pendant toute la durée de la pièce. 

Elle tremble.

Elle tremble tout le temps et de son tremblement vient la transe. Et de la transe vient la danse qui reste vissée au sol, ses deux pieds étant immobiles. Elle leur offre un quart de tour de soulagement à un moment. De ses convulsions naissent une amplitude des mouvements des bras qui frisent le mime  : arme, taureau, supplication…  La musique est un tempo. La création de Maurice Louca nous ramène dans l’étourdissement des rites vaudous. Des tambours, très rapides et eux aussi permanents.

La proposition est forte car elle tient sur la durée de la performance : un geste qui se déploie et sur le fond une présence déterminée. 

Edouard Hue lui aussi a quelques colères à évacuer et sa pièce commence très fort dans un hurlement chorégraphique sous fond de stroboscope. L’ex danseur de la compagnie d’Hofesh Shechter a une capacité de corps très forte. Il saute haut (son image est celle du festival) et peut prendre un centre de gravité très bas. Mais la pièce ne prend pas. L’alternance du calme et de la tempête et les envolées de bras sous fond de musique trop entendue enlève toute force au propos. Forward est une belle pièce mais sans force.  Edouard Hue reste au bord de sa recherche d’explosion. Sa puissance mérite mieux.

Visuel : ©Faits d’Hiver

Visuel : Today © Gregory Batardon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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