Danse
Le « Lied Ballet » de Thomas Lebrun envoûte Chaillot

Le « Lied Ballet » de Thomas Lebrun envoûte Chaillot

04 avril 2015 | PAR Yaël Hirsch

Après avoir séduit la rédaction (et les festivaliers) au Cloître des Carmes, à Avignon cet été (voir notre article), la nouvelle création du chorégraphe Tomas Lebrun, Lied Ballet investit Chaillot en ce début du mois d’avril. Mêlant assez littéralement Lied allemand et corps de ballet, le spectacle est une réflexion solide et en trois actes sur la Danse et son histoire. Une proposition aussi solide qu’originale.

Dans le premier acte c’est élégamment vêtus de dentelles noire que les 8 danseurs de Lied Ballet entrent en scène. Assez rapidement, ils se mettent à fonctionner comme un seul corps. Le directeur du CCN de Tours renoue ici avec la tradition du corps de ballet mais lui fait prendre les pas et les tours de ce que la danse a tenté d’explorer sous forme de révolution du mouvement depuis 40 ans. Les danseurs tombent, répètent leurs pas et explorent la gravité avec une cérébralité que souligne la musique solennelle de Giancito Scelsi.

Puis soudain, l’air s’adoucit, un musicien (le pianiste Thomas Besnard) vient habiter le piano qui avait été délaissé en fond de scène et, au son de la voix magnifique du ténor Benjamin Alunni, l’atmosphère se fait plus sensuelle, voire carrément romantique. On est au cœur de la tradition du Lied allemand (de Schubert à Berg) que les corps des 8 danseurs habitent.

Ce passage doux semble poussé à son extrême limite, dans une troisième partie à la fois cérébrale et sensuelle, brève et hypnotique, qui est une explosion de bleu azur, sur une musique composée par David François Moreau (voir notre interview). Ce dernier a compressé des Lieder pour pousser le son vers un extrême qui fait penser à de la transe. Sur ce fond spirituel, le corps de ballet est toujours là, mais cette fois si d’une modernité folle et d’une souplesse qui semble pointer vers un avenir utopique. En se laissant hypnotiser par les mouvements des danseurs et le balancement de la danse, en se laissant séduire par ces pas encore inconnus, l’on se dit que la talentueux Thomas Lebrun sait faire passer son message : la danse a encore beaucoup à créer et apporter sur le fond bleu d’un océan de beauté. Une expérience intellectuelle et sensuelle qui poursuit après Chaillot sa tournée à Aix, Orléans et Macao. Informations.

Du premier au 4 avril, Théâtre National de Chaillot, Place du Trocadero, 76016 Paris, 20h ou 17h.

visuels : Frédéric Lovino

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
theatre_national_de_chaillot

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