Danse
Kalakuta Republik, le funky style de Serge Aimé Coulibaly au Festival d’Avignon

Kalakuta Republik, le funky style de Serge Aimé Coulibaly au Festival d’Avignon

20 juillet 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le chorégraphe belgo-burkinabé Serge Aimé Coulibaly présente au Festival d’Avignon, dans le si beau Cloître des Célestins, le très enlevé Kalakuta Republik. Contemporaine et ancrée, cette danse là témoigne d’une énergie très communicative et d’une belle maturité pour cet artiste que l’on aime tant.

Serge Aimé Coulibaly s’intéresse depuis les débuts (2002) à la société Africaine. Et quelle idée formidable de quitter les complaintes politiques pour faire entendre la musique de Fela Kuti, dit Fela, créateur de l’afrobeat et aux sources du funk. Kalakuta Republik n’est pas une boite de nuit, Coulibaly reste un enragé et un engagé, et c’est en faisant entendre ce son qui a révolutionné la musique occidentale, toujours samplé aujourd’hui, qu’il affirme la place que doit prendre l’Afrique sur la scène Européenne.

Marion Alzieu, Serge Aimé Coulibaly, Ida Faho, Antonia Naouele, Adonis Nebié, Sayouba Sigué et Ahmed Soura vont danser, danser à fond comme si leur vie en dépendait. Le geste est africain et occidental. Les culs roulent, les hanches tournent, les bustes convulsent. Dans une verve très archétypale du geste de Coulibaly, le rythme ne baisse jamais et les danses de groupe s’organisent rapidement avant d’être disloquées.

Nous sommes dans un club des années 70, où un canapé en cuir finit de se faire défoncer. Nous sommes dans une salle quelconque où les chaises ont été renversées.

On regrette tout de même que Serge Aimé Coulibaly retrouve ses vielles obsessions dans la deuxième partie où les déclamations sont regrettables. Il faut garder la danse ici, rien que la danse car elle dit tellement plus que les mots. Elle est explosive, vivante, hurlante. Elle est Jazz, populaire, savante.

Il y a ici des gestes chorégraphiques fort. Comme cette phrase de base qui se termine par une main au geste emprunté au waacking, ce pré-voguing des quartiers blacks américains. Il y a cette danseuse, blanche, qui marche en levant ses jambes au niveau de sa tête. Il y a cette danseuse  noire,  en robe rouge qui fait le show, sexy, sur le podium.

Kalakuta Republik vient dire aussi les relations qui se compliquent dès que la danse se tait. Rapports tarifés, regards vides. Mais toujours, le funk, toujours les saxophones de l’Afrobeat qui font que le rythme oblige à avancer, contre tout.  Alors, si Coulibaly fait tourner les boules à facettes, c’est que l’avenir se fera dans le bon tempo.

« You always need a poet » fait-il dire au mur du Cloître, et Fela, mort en 1997, est un poète qui parle toujours, qui insuffle. Il ne reste plus qu’à bouger sur sa musique, c’est le seul hommage possible.

Visuel : Kalatula Republik © Doune Photo

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