Danse
Guintche : Marlene Monteiro Freitas en bête de scène au Festival d’Automne

Guintche : Marlene Monteiro Freitas en bête de scène au Festival d’Automne

30 septembre 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ce 29 septembre marquait l’ouverture du Portrait Marlene Monteiro Freitas au Festival d’Automne. Cet ensemble de 8 pièces montre l’ampleur du phénomène avec des pièces de groupe et même un duo avec son égal Israel Galván. Car seuls eux deux peuvent aujourd’hui s’emparer comme ça de la scène avec clownerie et radicalité. Guintche est un solo réactivé qui tape très fort et très juste.

Au tout début des années 2010, beaucoup découvrent cette danseuse cap-verdienne et portugaise qui danse comme personne. La pièce s’appelle (M)imosa, Marlene Monteiro Freitas y côtoie Trajal Harrell, François Chaignaud et Cecilia Bengolea. Et elle se donne à voir, de façon très directe dans un solo où elle s’enlaidit, joue les bêtes de scène et semble hurler « Regardez-moi ! ». A la même période, elle écrit pour elle même un autre solo, Guintche.

Et nous voici, 12 ans plus tard. Son travail est montré partout. Elle a offert des pièces qui ont perturbé toutes nos certitudes et fait des saccades de pantomimes burlesques sa marque de fabrique. Il est tout à fait fascinant (merci le Festival d’Automne !) de pouvoir revenir aux origines, de plonger dans le répertoire de cette artiste.

Si Guintche est un solo, Marlene n’y est pas seule. De part et d’autre de son ring violet se trouvent deux batteurs, Henri « Cookie » Lesguillier et Simon Lacouture. Une fois le peignoir tombé, elle apparaît en petit oiseau étrange; les lèvres sont super augmentées par un protège-dents, elle porte un boa en jupe sur un short à plumes et un petit haut rouge volanté. Elle s’ancre, visse ses pieds au sol puis attaque. Le bassin va rouler sans discontinuer pendant une bonne demi-heure. Ça tremble, ça vibre. Au-dessus des hanches, elle convoque un monde immense fait de cannibales, de sorcières, de mythes, de putes, d’animaux. Marlene est polymorphe, elle écrit une danse du visage qui vous intime l’ordre de la fixer, elle qui tremble sans douter au rythme haletant des tambours tonitruants.

Dans sa progression très maîtrisée Guintche impose des transitions vers d’autres mondes, jusqu’au plus contraint, celui de la gymnastique rythmique.

Les spectacles de Marlene Monteiro Freitas débordent donc depuis les fondations des champs classiques. Ils cherchent à créer des images qui sont autre chose. Ni du théâtre, ni du clown, ni de la danse, ni de la performance. Non, rien de tout ça, Marlene est en actes, elle est un monument, un fait en quelque sorte.

Guintche subjugue par sa précision dans la folie d’une écriture aux allures instables. C’est brillant autant que fascinant.

Guintche se donne au Centre Pompidou jusqu’au 1er octobre. Si vous ne connaissez pas son travail, réservez vite !

Visuel :© Bob Lima

 

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