Danse

Festival d’Avignon Sujets à Vif D : Lumineux « Long time no see! » de Jenna Jalonen et Beatrix Simko accompagné de  « Fénanoq » au Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph

Festival d’Avignon Sujets à Vif D : Lumineux « Long time no see! » de Jenna Jalonen et Beatrix Simko accompagné de « Fénanoq » au Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph

21 juillet 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Doit-on vraiment le rappeler ? Les Sujets à Vif est un programme de la SACD qui propose une rencontre entre un auteur et un artiste.  Nommés A, B, C et D, ces huit formes courtes sont toujours un rendez-vous incontournable du Festival d’Avignon. 

 

Le programme D se partage en deux.

Fenanoq de Pierre Fourny et Cécile Proust se propose d’explorer la masculinisation et la nécessaire dé-masculinisation de la langue dans un discours où la construction-déconstruction triture les lettres en tant que formes plutôt qu’en tant que sons. Ce travail sur le corps des lettres se propose de pourchasser le piège et l’étau du patriarcat dans une chorégraphie graphique réputée bisexuée des lettres et symboles. Le geste est vertueux et s’il ne convient pas, il ouvre nos esprits à cette pernicieuse lourdeur de la langue écrite. Il est nécessaire de repérer nos réflexes anti-féministes au sein même de l’écriture. C’est joyeux, drôle, un peu fouillis mais pas sans intérêt.

Ce divrtissement linguistique est précédé de Long time no see! 

Jeanna Jalonen, blonde, est une artiste finlandaise basée à Buxelles. Elle participe régulièrement à des productions internationales en danse, en gymnastique ou lors de performance expérimentale. Béatrix Simko, brune, est une danseuse chorégraphe et artiste multimédia hongroise. Actuellement basée entre Hamburg et Budapest, elle travaille son art par des dispositifs d’expression du corps physique. Une blonde, une brune figurent ici deux sœurs de destin et invoquent les racines des langues hongroise et finlandaise. Les deux langues s’attirent et se repoussent par des mouvements qui se synchronisent et se désynchronisent sans cesse. La danse reste collaborative dans un jazz des corps fait de scansions, de ratages et de merveilleux instants de fusion qui bouleversent le public. Car les disparités de langue et de cultures peuvent disparaître quand le corps prend le relais. Car – les deux merveilleuses danseuses en poussent l’argument – sans les mots, les concepts de nationalités deviennent abstraits. Le spectacle est poignant.

 

Sujets  A Vif
Jardin de la vierge du Lycée Saint Joseph
18H00
Durée 1H30

Crédits Photos © Daniel Domolky

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