Danse

Ambra Senatore fait danser et déborder le quotidien

Ambra Senatore fait danser et déborder le quotidien

17 mars 2017 | PAR Christophe Candoni

Au Théâtre des Abbesses, Ambra Senatore propose une chorégraphie insolite et drolatique de la vie quotidienne réinventée sous une forme de théâtre parlé-dansé très expressif.

Cinquième proposition de l’interprète et chorégraphe italienne que programme le théâtre de la ville, Pièces se joue dans les espaces domestiques et familiers de tout à chacun. Dans le salon, la cuisine, le couloir d’une maisonnée, se laisse observer l’existence apparemment ordinaire de cinq jeunes personnes. Leurs occupations consistent à lire le journal, éplucher une pomme, manger des Corn Flakes, allumer la radio pour y écouter l’un des tubes sirupeux de Mike Brant, recevoir des amis pour boire le thé, raconter un séjour de vacances… Pour autant, rien de ce qui se joue ne tombe dans la simple anecdote.

De courtes scènes, des bribes d’histoires, des bouts d’existence, s’enchaînent, se coupent et se répètent continuellement. Les corps et les mots utilisés suivent sans problème une dramaturgie parfaitement assumée de la réitération, de la juxtaposition. Loin de s’essouffler et de lasser, la pièce se régénère grâce à ces différents jeux de ruptures de narration et de ton.

« Je transpose sur scène des éléments de la vie de tous les jours » déclare Ambra Senatore. Plutôt que de simplement restituer la réalité, l’artiste la malaxe, la transforme. La situation la plus anodine ne supporte chez elle aucune trace de banalité tant se distillent à l’intérieur une étrangeté, une inquiétude, une douce folie, beaucoup d’humour, teinté d’absurde, et de suspens.

La danse à la fois fluide et cassée d’Ambra Senatore se fait le miroir grossissant, déformant, réjouissant de tous nos travers mis à l’épreuve du rire. Ces Pièces disent la promiscuité et la difficulté à communiquer, mettent face à nos possibilités comme à nos limites, pointent nos angoisses, nos maladresses, nos dérapages, nos perplexités. Campée par de belles et joviales personnalités, la pièce est formidablement traversée par l’humain.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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