Cirque

Un « Electric Sideshow » entre cirque et concert, le burlesque en prime

Un « Electric Sideshow » entre cirque et concert, le burlesque en prime

15 septembre 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

Les parisiens n’ont pas toutes les chances, il n’y a qu’à considérer leur météo… Qu’importe, puisqu’ils ont le privilège de pouvoir accéder au Cirque Electrique à la Porte des Lilas, et que s’y donne pour trois soirs seulement la dernière création de la troupe: the Electric Sideshow. Virtuose, bruyant, gender-fuck, sexy, un concert de cirque effeuillé et ébouriffant (à moins qu’il ne s’agisse d’un cirque punk-rock burlesque?) dont la mise en scène surprendra les fétichistes de la piste circulaire et des gradins.

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Le public entre sous le chapiteau déjà moite pour se perdre dans un brouillard de fumée. Désorienté, le feulement d’une guitare dans les oreilles, il doit deviner son chemin à moitié à tâtons, pour finalement se retrouver dans un vaste espace accueillant en son centre une scène-podium, surmontée d’une plateforme d’où les musiciens envoient leur beat endiablé. Fi la piste, fi les gradins, on se croirait arrivé à un concert punk-rock, dans une atmosphère de fête foraine qui aurait fréquenté de trop près les donjons de l’espèce où l’on trouve des croix de Saint André.

Pourtant, c’est bien du cirque qu’on est venu voir, et, en la matière, on est plutôt bien servi: quand effeuillage il y a, c’est la tête en bas, accroché à un trapèze, ou la pointe du talon-aiguille sur le crâne, à la faveur d’un numéro de contorsion. Tout les numéros ne se valent pas en intensité, tous ne sont pas neufs dans le répertoire de la troupe, mais tout est maîtrisé, et la conquête de nouveaux agrès donne lieu à de très belles figures. Comment résister au passage de Slewan Cherfi et Sandrine Bellini au tissu aérien, qui ouvre une parenthèse de grâce et de sensualité au milieu d’un spectacle dont l’énergie est globalement plutôt explosive? Balloté entre numéros de fakir, effeuillages burlesques, passages aux agrès, danses endiablées, jonglage de feu, le public chauffé à blanc en redemande et applaudit de bon cœur.

Reste que ce qui fait l’originalité du spectacle, au-delà de la marque punk-sexy-queer de la maison, est aussi, au final, ce qui le dessert: à moins de jouer des coudes dans la salle ou d’être dans les premiers à entrer, le placement en fosse fait qu’une partie des numéros est perdue pour une grande partie de la salle, qui manifeste d’ailleurs parfois son mécontentement. Et on se prend presque à rêver que le Cirque s’équipe d’écrans de chaque côté de la scène: quitte à jouer la carte du concert, autant la jouer jusqu’au bout!

Définitivement une bonne soirée à passer pour qui n’a pas peur de se battre pour atteindre le premier rang, et n’a pas les tympans fragiles! D’autant plus qu’on profite de la terrasse du Nouveau Tigre avant spectacle, et des concerts et DJ-sets après à l’intérieur.

Jusqu’au samedi 16 septembre, place du Marquis du Vercors à la Porte des Lilas.

Mise en scène : Hervé Vallée / Tap Man & the Cirque Electrique Band
Avec Lalla Morte, Jean-Baptiste Very, Pierre Pleven, Séverine Bellini, Selwan Cherfi, Antoine Redon, Mr Poudre

Visuels: (c) Cirque Electrique

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Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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