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[Live report] Abraham Inc au Centquatre

[Live report] Abraham Inc au Centquatre

12 avril 2013 | PAR Idir Benard

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Que s’est il passé? Voilà la question que tout bon mélomane s’est certainement posé en assistant à la prestation live du mythique groupe Abraham Inc dans la nef Curial du 104, lors d’un concert pour le festival Banlieues Bleues.

Personne ne pouvait s’attendre à une prestation pareille, et il y a des moments où la musique, aussi alléchante qu’elle puisse paraître, foire tout simplement. Et croyez bien qu’il n’est pas facile de crucifier ces saints de la musique. Pour se consoler, on dira que la franchise est l’attribut des rois et que cette critique offrira des jours meilleurs : dans un hangar plus adapté à la Drum’N Bass ou au Dubstep, le talent de ces musiciens de génie a été gâché par une acoustique catastrophique et un mixage indigne de leur potentiel. Il a été impossible de percevoir la technicité, les nuances et le charme de ce qui fait Abraham Inc. C’était un tintamarre de bois, de cordes et de cuivres sans aucune harmonie qui résulte en un massacre pour les oreilles. On aura vu la plupart des spectateurs se débarrasser des convenances, ne se cachant pas pour bâiller aux corneilles, sacrilège ultime lors d’un live. Car c’est carrément un mini-orchestre qui a été mobilisé sur scène : 3 cordes, 2 cuivres, 2 bois, un synthé, plusieurs voix et bien sûr une batterie. Tout pour séduire, sauf qu’on entendait rien d’harmonieux, ni de mélodieux. L’alchimie n’était pas au rendez-vous, la magie de la bonne musique encore moins. On s’attendait à être transporté et on n’a guère quitté les 4 murs de ce hangar géant qui d’un coup est devenu l’incarnation de la déception.

Individuellement, Wesley et Krakauer sont justes hallucinants, comme certainement tous les autres musiciens présent sur scène. Il y avait beaucoup de passion, d’énergie, et de plaisir à jouer, et cela se voyait. Seul problème, c’est que cette ferveur sur scène n’a pas été transmise au public. En tant que musiciens, ils ont certainement dû connaître un public plus enjoué, qui était pour le coup assez inerte et passif. Après une vingtaine de minutes, alors que les requêtes auprès des ingé sons ont été ignorées, la déception se lisait sur certains visages. Mais comment réagir autrement lorsque l’on voit le trompettiste souffler et bouger ses doigts dans tous les sens sans entendre le moindre son, et ce, pendant presqu’une heure? Le pianiste a été confronté au même problème, ainsi que le saxophoniste. Et les rares sons perceptibles étaient à peine en harmonie avec le reste. Rien ne pouvait rattraper le mixage catastrophique, pas même les efforts d’un David Krakauer en sueur. Trop d’aigus stridents, graves assourdissants, voix inaudibles, saxophone, synthé et trompette perdus dans la masse… n’en jettez plus ! Un tohu-bohu rarement vu : c’était la débandade sonore, la cacophonie innomable, le Waterloo musical. Ça ne groovait pas, c’était juste une torture pour les tympans qu’on s’empresse d’abréger en rentrant le plus vite possible chez soi et en réécoutant leur album “Tweet Tweet”, génial au demeurant. Dommage que la prestation n’ait pas été à la hauteur des attentes suscitées et surtout du potentiel individuel de chaque artiste.

Visuel : Idir BENARD

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