Musique

Streaming gagnant- Conférence du Mama’s festival (épisode 2)

Streaming gagnant- Conférence du Mama’s festival (épisode 2)

20 octobre 2017 | PAR Antoine Couder

Cette fois c’est sûr, l’industrie du disque se sent suffisamment forte pour annoncer sa renaissance.  Voici encore pourquoi …

Disneyland du divertissement. Parce que toutes les planètes sont bien alignées, l’excitation est presque palpable dans les services marketing des majors notamment qui regorgent de gens dédiés et totalement passionnés. La crainte d’une crise des générations n’est plus qu’un lointain souvenir dans ce monde trop content d’avoir survécu au choc du gratuit et où la greffe entre les seniors du XXème siècle et les Millemium a fini par prendre. Le streaming, en effet, ouvre des perspectives immenses de pénétration de nouveaux marchés (il est loin le temps où l’industrie réalisait 80% de son chiffre d’affaires mondial avec une petite dizaine de pays), mais, surtout en termes de contrôles des données consommateurs qui permettent de servir au client « ce qu’il aime » en particulier, que ce soit à travers des playlists ou des nouveautés. Sur le marché le plus conséquent– celui des États-Unis-, il n’y a plus vraiment de freins au développement de la musique en ligne. Les gens ont compris qu’ils pouvaient obtenir tout ce qu’ils aimaient avec un simple abonnement et se convertissent de plus en plus nombreux. Comme l’a résumé le patron de Deezer, « ce que l’on propose aujourd’hui à nos clients, c’est un Disneyland du divertissement ».

A same old song. Alors qu’importe que cette fixation sur les goûts du public entraîne une forme de répétition du même, typique en cela du geste digital profond qui consiste d’abord à améliorer par petites touches, à utiliser la technologie toujours plus précise pour enrichir ce qui existe déjà. Qu’importe donc si l’on entend de plus en plus partout « toujours la même chose » puisque la musique a tout envahi, bars, magasins et zones géographiques longtemps tenues à l’écart de la sono mondiale (on saluait notamment les forts taux de pénétration du streaming en Colombie ou jamais une maison de disques n’avait réussi à percer jusque là).

Poétique du musicien. Qu’importe également si la playlist finit par peser sur la créativité, provoquant un premier mouvement de ras-le –bol (voir le livre « de la vigne aux platines » qui se veut résolument anti-playlist et propose de mettre en lien une chanson et un vin à partir du point de vue poétique d’un musicien, éditions de l’Épure 2017, Fabien Korbendau et Christophe Mariat ). Quand on sort de 10 ans de crise, il est évident que ce genre de considération relève d’un problème de riche… Le vrai souci est ailleurs (à suivre…).

Les intervenants : Cary Sherman : CEO/chairman Recording Industry Association of América, Stéphane le Tavernier, Président de Sony Music Entertainment France, Hans Holger Albrecht CEO Deezer. Modérateur : Christophe Alix, chef du service Futur « Libération »

Crédit photo : compte Instagram du Mama

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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