Pop / Rock

Slaves, le Retour des héros

Slaves, le Retour des héros

27 octobre 2018 | PAR Pierre Poughon

Slaves est de retour avec leur 3e album, Acts Of Fear And Love. Dans un LP bien plus concis, mais plus travaillé, on retrouve le duo de Kent qu’on aime.

Punk au possible, avec des hymnes qui rentrent direct dans le crâne. A l’inverse de leur second album, demi accident de parcours (en vrai, y’a pas tout à jeter, il était vraiment bien quand même. En partie) celui-ci touche dans le mille. On sent que le duo prend confiance, avec des chansons plus poussées, plus élaborées. On a même une chanson calme, Daddy, avec les backs maîtrisés par Ellie Rowsell, la parfaite chanteuse de Wolf Alice.

En l’occurrence, cette chanson fait figure de nouveauté dans l’univers de Slaves.
Dans ce 3e opus, sorti le 17 août, on ressent un côté bien plus personnel dans les textes d’Isaac.
Chokehold et Photo Opportunity par exemple, parlent de rupture, ce qui est une première pour notre lyriciste enragé.

Daddy aborde le futur, en racontant l’histoire d’un fils voyant son père en pleine crise de la cinquantaine. De même, un autre côté du futur, bien plus angoissant, est dépeint dans Artificial Intelligence. La peur d’être dominé par ce que l’on est en train de créer, phonème d’actualité, est dépeint dans une chanson avec un riff tellement groovy qu’on y dancerait presque, sans forcément savoir pourquoi.
La danse, d’ailleurs, est présente, avec le si cool et hypant Cut And Run (la choré est absolument à apprendre. Elle vaut son pesant de cacahuètes)
Pas d’inquiétude, Slaves reste Slaves, et le groupe, engagé au possible, dénonce à travers une bonne partie de l’album, le consumérisme (Magnolia, avec une fin qui reste instantanément dans la tête) , notre génération centrée sur nos téléphones, sur les réseaux (The Lives They Wish They Had), sur notre image (Bugs). Et c’est un peu pour ça qu’on aime Slaves. Parce qu’ils sont incisifs, et toujours justes.
Quant à la dernière chanson, titre de l’album, mélancolique au possible, Isaac se réfère à son enfance, et un de ses amis, en taule pour, on imagine, avoir pas mal dealé. Le retour de nos deux amis dans le droit est réussi de la meilleure des manières.

Pour voir Slaves version 2018, on vous conseille de venir lundi au Trabendo. Le duo ravageur sera là pour une soirée qui s’annonce déjà incroyable. Le mieux est d’apprendre la choré de Cut And Run, et d’essayer de comprendre pourquoi Slaves est un groupe si important pour notre génération abandonnée.

visuel : couverture d’album

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Pierre Poughon

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