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Pitchfork festival : Lewis Ofman « j’essaie juste d’éviter le pédant, le prétentieux par tous les moyens »

Pitchfork festival : Lewis Ofman « j’essaie juste d’éviter le pédant, le prétentieux par tous les moyens »

02 novembre 2018 | PAR Antoine Couder

À peine 20 ans et déjà beaucoup, beaucoup de collaborations (Hypnolove, Pirouettes, Rejjie Snow), le jeune prodige est sur la grande scène du Pitchfork à l’heure de l’apéro avec quelques nouveaux morceaux.

Vous jouez quoi ce soir ?

C’est un nouveau set donc des surprises. Je vais jouer avec un Moog, ça va sonner plus adulte, un peu moins dance. Miléna Leblanc me rejoint pour deux titres. Je suis content d’être là parce que le public vient moins pour le kick que pour écouter des artistes.

 On vous classe parmi un courant néo-romantique, variété française, vous en pensez quoi ?

Je ne me sens pas spécialement concerné. … Je m’intéresse à l’harmonie, l’accord, la mélodie, aux Italiens, la musique classique enfin classique, disons Satie, Ravel ou Debussy avant c’est quand même compliqué, pas suffisamment commercial (il rit). Beethoven, par exemple, il y a des choses, on peut pas écouter sinon on devient fou… En artiste actuel, je dirais Chassol.

Et Flavien Berger…

Oui j’aime beaucoup c’est honnête, personnel, très maîtrisé, c’est vraiment super beau… C’est lui qui a lancé cette façon de faire des textes un peu surréalistes, ça m’intéresse. Et puis il ose la chanson de 15 ou 20 minutes, ça fait du bien d’entendre ça !

Chantez en français, c’est important ?

Parce que c’est le plus facile pour moi mais enfin, vous avez écouté les paroles… ? Je n’en suis pas encore à «écrire», j’essaie juste d’éviter le pédant, le prétentieux par tous les moyens.

C’est venu comment la musique ?

Je jouais avec le petit portable Sony Ericsson de ma mère, il y avait une application où l’on pouvait additionner des boucles de sons très très cheap, j’avais 8 ou 9 ans, j’ai créé des musiques pour des jeux vidéos j’étais un gros fan.

Enfant solitaire ?

Mes frères et sœurs étaient plus grands et oui, je ne me rendais pas assez compte des choses… je n’ai vécu aucune passion avant de découvrir la batterie à 12 ans. Ça a été une révélation immédiate.

Et aujourd’hui, vous composez seul ?

Oui, enfin oui et non. Le regard de Milena est très important pour moi. Et puis lorsque j’ai une nouvelle chanson, je la fais écouter à des gens lambda, pas spécialement des pros, c’est super révélateur et c’est ma manière de travailler avec des gens.

Des projets ?

Un nouveau disque avec le label «Profil de face». J’ai déjà composé deux morceaux, je finirais l’album cet hiver à Barcelone.

 

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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