Pop / Rock

« Nihilistic Glamour Shots » : La messe noire de Cabbage

« Nihilistic Glamour Shots » : La messe noire de Cabbage

14 mai 2018 | PAR Jean-Christophe Mary

Avec ses performances live déjantées et son attitude désinvolte, le quintet mancunien introduit dans son post punk quelques effluves de pop et de new wave à l’énergie brute. Les fans des Stooges, Fat White Family et Arctic Monkeys vont adorer.

Apparu sur la scène de Manchester fin 2015, le jeune quintet a rapidement fait le buzz grâce à ses premiers concerts sauvages. Après quelques singles restés confidentiels chez nous, Lee Broadbent (chant) Joe Martin (guitare), Eoghan Clifford (guitare), Stephen Evans (basse) et Asa Morley (batteur) livrent aujourd’hui un album punk séduisant, faussement romantique mais viscéralement marqué par une certaine urgence. Le premier choc visuel, c’est cette pochette où les cinq musiciens apparaissent en capuches sombres au pied d’une croix fixant le sol. Le second choc est auditif. Dès le premier « Preach to the Converted » la messe noire peut commencer. Une voix de prêcheur scandée dans un mégaphone portée par des guitares incisives et cette section basse batterie qui martèle derrière : le ton est donnée. La voix entre le parlé et le chanté s’élève dans une ivresse saccadée. Les chansons aux climats lugubres sont délivrées brut de décoffrage et vont droit au but. Les douze autres titres mettent le feu aux poudres tout au long desquels planent les ombres des Fat White Family, Arctic Monkeys, Stooges voir même parfois rappelle Joy Division. Un combiné de post punk aux puissantes lignes de basses obsédantes et truffés de guitares oppressantes comme chez The Fall ou the Damned. Pour charpenter le tout, il y a cette batterie qui alterne tempos effrénés et tourneries punk à la Stooges. Une pulse prête à enflammer les scènes rock internationales comme le montre « Arms of Pleonexia » et « Post Modernist Caligula ». Le fil conducteur de cet album est la voix ténorisante et poignante de Lee Broadbent, qui débite ses textes avec un sentiment d’urgence parfois à la limite du cri, voir de l’étranglement. Les textes sarcastiques, véritables brûlots anti-establishment, capturent les émotions qui s’entrechoquent de manière confuse et brutale. Trois titres accrocheurs retiennent particulièrement notre attention : le faussement joyeux « Molotov Alcopop », l’hypnotique « Perdurabo » et l’entêtant « Exhibit A » dans la droite lignée de la Fat White Family avec cette voix trainante qui rappelle les incantations punk d’un Sid Vicious. Ceux qui les ont vu sur scène témoignent de concerts particulièrement explosifs. A suivre donc de très près.

Jean-Christophe Mary

Cabbage « Nihilistic Glamour Shots » (BMG)

Cannes, hors compétition : « Le Grand Bain », une plongée en apnée dans la comédie des hommes par Gilles Lellouche
Anne Paceo : « Le silence donne de la valeur aux notes » – interview
Jean-Christophe Mary

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *