Pop / Rock

Gaz Coombes en communion avec La Maroquinerie

Gaz Coombes en communion avec La Maroquinerie

30 mai 2018 | PAR La Rédaction

Comme un rendez-vous que ni l’un ni les autres n’auraient manqué pour rien au monde, Gaz Coombes était ce soir en communion avec un public parisien aux anges.

Le chanteur britannique n’est certes pas la coqueluche du moment – d’ailleurs feu son groupe Supergrass ne l’a jamais été non plus, du moins pas au niveau de ses contemporains Blur ou Oasis – et la Maroquinerie n’est pas l’Olympia, mais le sentiment qui se dégageait de ce concert était celui d’avoir été au bon endroit pour les bonnes raisons.

Sourire goguenard, chapeau noir vissé sur la tête malgré la chaleur étouffante, voix à la fois égrillarde et lyrique reconnaissable entre mille, Gaz Coombes est venu défendre World’s Strongest Man, son troisième album solo depuis la fin de Supergrass en 2010. Le set est millimétré et, à l’image de ses compositions, mêle adroitement sophistication et énergie. Pas moins de trois claviers, des sons de toutes sortes, des boucles de guitare et de voix déclenchées par le chanteur et ses musiciens viennent enrichir ses chansons qui, si elles restent fidèles à la pop enlevée et mélodique qu’on lui connaît, laissent libre cours aux influences seventies, voire psychédéliques, que le chanteur a laissées paraître sur World’s Strongest Man.

« Deep Pockets », avec ses accents kraut rock et ses chœurs éthérés (assurés par Piney Gir, fantasque chanteuse londonienne s’étant produite en première partie, en compagnie de ses propres choristes), ou « In Waves », à la fois planante et alambiquée, illustrent cette évolution qui tranche avec l’intimisme des chansons de Matador, le précédent album. D’ailleurs, c’est seul en scène qu’il en joue une série de quelques extraits – la salle apprécie particulièrement. Ailleurs, ce sont des accents épiques, lyriques, voire carrément gospel, qui se dégagent de morceaux comme « 20/20 », chaleureusement ovationné, ou « Detroit », très orchestral. Artisan de la pop, Gaz Coombes donne à travers sa prestation le sentiment d’être un tel un orfèvre cultivant son art avec passion, sans ostentation, pour un public particulièrement attentif et respectueux.

D’ailleurs, visiblement touché par l’accueil qui lui est réservé (« Oh, Paris… » lâche-t-il face à l’enthousiasme exprimé à la fin de « To The Wire »), Gaz Coombes remonte sur scène, à nouveau seul, pour un deuxième rappel visiblement pas prévu, gratifiant un public aux anges d’un « Caught By The Fuzz », tout premier single de Supergrass, bourré de l’énergie quasi enfantine qui anime encore le quarantenaire aux plus de 20 ans de carrière.

Par Patrick Haour

Crédit photo : Pochette

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