Musique
Made à Rennes : retour gagnant

Made à Rennes : retour gagnant

24 mai 2022 | PAR Rodolphe Pete

Le festival des musiques électroniques s’est achevé dimanche après quatre jours en extérieur et intérieur. Avec un savant équilibre entre têtes d’affiche et espoirs.

L’édition hors série de novembre avait permis de sauver le festival de deux années blanches, crise sanitaire oblige. Mais la levée des restrictions a enfin redonné à Made toute son ampleur, à la hauteur d’une programmation house et techno offrant une photographie pertinente du paysage actuel.
Dans une ville où les rendez-vous musicaux sont légion, Made a trouvé sa place en s’imposant sans écraser la concurrence. Les ingrédients élaborent depuis le début une recette au succès que l’édition 2022 n’a pas démentie. Plus de 80% des billets étaient ainsi vendus pour la soirée au parc des expositions.
Tout commence par une mise en jambes dans les bars partenaires le premier jour. Le jeudi, avec son cortège d’étudiants de sortie, tombe fort bien… Un coup de projecteur sur les talents locaux en outre, complété par les gagnants (Sleek, Katze, C’Rius et Kent) d’un tremplin sur le modèle de ce que fait Astropolis à Brest. Le quatuor retenu assurant le warm-up des événements du vendredi et du samedi.

Premier temps fort vendredi au 1988, club du centre à la décoration un peu kitsch mais dont le détour valait par trois ambiances : calme à l’étage, électro et techno dans la petite salle avec comme invitée d’honneur Jennifer Cardini. La boss du label Correspondant, prenant la suite du fondateur du Made, Jabba 2.3, a l’art de la sélection qui fait mouche, sans trop accélérer, préférant installer un climat envoûtant et ultra maîtrisé. Sensations beaucoup plus hard dans l’aire principale avec Darzack pour une ambiance rave du plus bel effet.

Plein air, soleil et house le samedi après-midi au parc des Gayeulles, pour une sieste sonore apte à reprendre des forces dans un cadre champêtre. Peu d’ombre mais beaucoup de basses chaloupantes grâce notamment au duo Camion Bazar venu sans sa décoration habituelle (pas de flamand rose) mais réussissant comme toujours, avec sa batterie et ses platines, à embarquer la foule dans une croisière généreuse et fédératrice.
Le temps de souffler un peu et la navette pour le parc des expositions était une évidence pour le point d’orgue très attendu avec ses têtes d’affiche internationales et deux ambiances bien marquées. House d’un côté, techno de l’autre, avec des halls juste en face. Pas de perte de temps pour profiter et alterner quand on ne veut pas choisir. Avant les rouleaux compresseurs Rodhad et Paula Temple, la techno avait pris ses quartiers avec aisance grâce à Mall Grab et le live du vétéran Legowelt, bien calé à une heure avancée. Dommage pour les retardataires mais le prévoir après aurait rompu la logique montée en puissance.

Il aurait en revanche été possible d’inverser les sets de Yuksek et MCDE, tellement le premier avait plus d’entrain et collait parfaitement en transition avec le duo à l’énergie si communicative Crazy P Soundsystem. Plaisir contagieux et sans risque.
Un bonheur simple et retrouvé que les plus endurants pouvaient compléter le dimanche avec un closing de haute tenue (dont le Parisien D’Julz). La qualité jusqu’au bout, mêlant les styles, les générations et continuant de se forger une identité profondes (excellent visuel d’Arnaud Laly pour les affiches), solide et fidèle aux valeurs fondatrices des musiques électroniques. Petite suggestion pour l’an prochain, une scène drum !
Rodolphe Peté

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