Musique

Live report : Le Prince Miiaou au Café de la Danse (03/05/2011)

20 mai 2011 | PAR Camille Jamain

Peu après la sortie de son troisième album, Maud-Elisa Mandeau alias Le Prince Miiaou est venue défendre Fill the Blank With Your Own Emptiness avec brio sur la scène du Café de la Danse.

Avec une bonne dose de débrouille, ce qu’il faut d’astuce et de caractère, c’est comme une rumeur se propageant lentement que Le Prince Miiaou a fait sa niche dans le paysage musical français. Si pour beaucoup c’est une nouveauté, en réalité Maud-Elisa n’en est pas à son coup d’essai et c’est après l’avoir aperçue en première partie de nombreux artistes de renom qu’aujourd’hui elle tient le haut de l’affiche dans un Café de la Danse qui lui sied parfaitement.

Couverture médiatique oblige après la sortie de son très réussi troisième opus, le public est au rendez-vous dans cette salle partagée entre fosse et places assises et dont le magnifique mur en pierre ne fait que renforcer l’intimité des lieux, fait rare pour une salle de cette taille. Et si l’intimité n’est pas à proprement dire ce qui caractérise le mieux Le Prince Miiaou, c’est pourtant un élément de synthèse tant elle se livre à son public dans une parfaite alchimie mêlant pudeur et sincérité.

Le set ouvre sur le dernier single en date « J’ai deux yeux », accompagné de sa guitare et d’un trio basse-batterie-clavier, ce dernier alternant avec le violoncelle et en un instant on entre dans le jeu tant son énergie est communicative. Elle est élancée et dans ses habits tenant au corps elle se dodeline mais on distingue une pointe d’anxiété à être passée dans « la cour des grands ». Néanmoins dès le second morceau « Be Silent », on comprend l’énergie rageuse que Maud-Elisa met dans ses compositions pour évacuer tout cela. Un petit moment de répit et la montée en puissance de « I Don’t Know My Name » ne nous fera regretter en rien d’être resté debout ce soir.

Comme pour échapper à cette pression qu’elle maîtrise pourtant avec talent elle enfile un masque de ski et une cape rouge sur « Football Team », une subtile parabole pour nous convaincre une fois de plus de la complexité du personnage. Tantôt fébrile ou sévère mais avec une constante humilité on traverse les titres de son dernier album « Fill The Blank with Your Own Emptiness », « Turn Me off ». Puis la tension descend et l’abandon est total jusqu’au renversant « No Compassion Available », cinq minutes de noyade d’une rare intensité. Sur ce point les titres chantés en français sont encore plus forts tant l’interprétation est juste, on l’aura compris Le Prince Miiaou ne triche pas.

Le son est excellent et le violoncelle apporte une vraie couleur aux arrangements leur donnant une dimension lyrique qui semble submerger le public conquis. Si on perçoit quelques hésitations ce n’est que plus touchant et l’on souhaite qu’elle conserve ce grain d’imperfection qui la fait sortir de l’ordinaire. En guise de rappel, « Tous les garçons et les filles de mon âge », une reprise de Françoise Hardy, si je doute un moment sur le choix du morceau l’interprétation me contredira et toute la mièvrerie du morceau d’adolescente s’en trouve transformée en une élégie à la solitude. Pour terminer Maud-Elisa nous laisse le choix entre « Hawaiian Tree » et « Frénésie horizontale » et c’est ce dernier titre issu de son premier album qui viendra clôturer la soirée.

Si pour certains ce fut une découverte, on ne doute plus du talent de ce brin de fille qui surprend tant sa sincérité est un cadeau précieux qu’elle offre autant en album qu’à son public. Le Prince Miiaou fait si bien corps avec sa musique qu’il y à toute les raisons de croire que l’aventure est loin d’être terminée.

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Camille Jamain

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