Musique

« J’ai pas compris les codes même si ça m’impressionne, je me mens. » Eddy de Pretto aux Solidays

« J’ai pas compris les codes même si ça m’impressionne, je me mens. » Eddy de Pretto aux Solidays

23 juin 2018 | PAR Agnes Polloni

Jean treillis, lunettes rondes en raison de son infection à l’oeil, Eddy de Pretto se dirige dans l’allée confinée où a lieu la conférence de presse à Solidays. Détendu et le sourire aux lèvres, il est le symbole de cette nouvelle génération de millenials, bien dans ses baskets qui se prend pas trop la tête.

Sa coupe de cheveux si atypique est aussi là, on le reconnais bel et bien. Lors de son concert, cette nouvelle star montante de la musique Française, se déchaine et avec une certaine mélancolie, dégage les paroles acérées, ces coups de poings verbaux de ces coups de poings qu’on lui a mit en amour. Cité comme un chanteur à part entière, à mi-chemin entre Charles Aznavour et Stromaé, Eddy de Pretto sourit, il ne supporte pas le « name dropping. » Né à Créteil, d’une famille qui s’intéressait de très près à la culture, dont sa mère, il commença à chanter, très jeune.

Un enfant hors du commun, qui ne savait pas encore trop ce qu’il était, ni qu’est ce qu’il pourrait bien faire de sa vie. Dans sa cachette où il joue aux poupées barbies et des pièces de théâtre, sa mère le surprend, et décide de lui faire prendre des cours de théâtre et de chant. Il ne cessera plus jamais cette activité, qui aujourd’hui le comble de bonheur mais surtout représente une cure, sa cure. La cure de tout ce qu’il a vécu enfant, puis adolescent, et puis désormais en tant que jeune adulte. Il a 25 ans, mais il en a des choses à dire, questionnant sur scène la virilité, l’amour, la joie, la tristesse de ces soirées qui se réitèrent sans but précis… Une vague de compassion envahit le public ému, tous ces vingtenaires et plus, on vraiment la sensation qu’on les comprends. Magali chante Fête de Trop, le regard perdu dans le vague, cigarette à la main. Elle acquiesce à ces moindres paroles, pour elle Eddy de Pretto est un artiste très humain, qui pose des mots sur nos maux, et ça lui fait le plus grand bien. L’énorme frustration des Solidays, que ça soit Nekfeu, Eddy de Pretto ou encore Jain, c’est ne pouvoir les voir qu’une petite heure. Ce n’est pas un concert mais ça n’est pas non plus aussi long qu’on ne l’imagine, le temps de dévoiler les derniers tubes, revenir sur ceux qui ont fait connaitre l’artiste, et nous voilà fait. Le moyen serait-il de nous inciter à aller voir ceux qu’on apprécie le plus en concert ? Certainement, car beaucoup de jeunes, ont encore l’eau à la bouche. En une heure, Eddy de Pretto réinterprète Random, Mamère, Mon Kid, Quartier des Lunes, des titres qui sont tous plus au moins reliés à son histoire affective personnelle. L’énergie, est là car « Solidays c’était avant tout mon rêve d’enfant » et comme il aime le rappeler, de se retrouver face à des personnes qui chantent ces chansons, c’est établir un dialogue entre soi et son public, et c’est toujours « beaucoup de sensations. »

Une ascension médiatique qui lui laisse peu de temps à la rêverie, il se retrouvait déjà sur le plateau de Léa Salamé, écoutant Mon Kid, bonnet sur la tête et cernes aux yeux. Nous avons posé trois questions à cette nouvelle étoile montante de la chanson Française, qui est loin d’être random, et qu’on ne compte pas delete.

Trois questions à Eddy de Pretto 

Votre chanson Ego parle notamment d’un ego surdimensionné, est-ce l’impression que vous avez ressentie lors de votre ascension médiatique ? 

Mais pour moi je n’ai pas changé, je suis toujours le même avec mes potes et c’est l’essentiel, ce qui a réellement changé est le regard que portent les gens sur moi. Une notoriété qui grignote du terrain à la jalousie, et qui m’enferme, me cloisonne au fur et à mesure, mais je suis toujours le même, loin de là.

Eddy de Pretto, vous êtes cru, vous ne mâchez pas vos mots, pourquoi le choix d’un tel vocabulaire ?

C’est une manière très naturelle qui m’est venue face à mon piano, de chanter et de parler. Cette précision dans les paroles vient du fait que j’aime la manière de m’exprimer de manière directe, brutale. Il arrive des fois par exemple, que je m’amuse à prendre les mots de la langue française qui ne sont pas les plus beaux, comme ça je leur rends un peu honneur quelque part.

Et puis j’écris depuis assez longtemps, depuis que j’ai dix-neuf ans précisément, j’ai pu piocher dans pleins de périodes de ma vie quotidienne.

Vous questionnez beaucoup les jeunes et leur rapport aux smartphone, à internet etc.. Mais toi quel serait votre futur ?

J’ai envie de ressortir des trucs, de dire ce que je ressens, d’écrire, je continue toujours à écrire. Les prochains thèmes pourraient être l’évolution des thèmes de ma vie par exemple. Je veux rester le plus précis possible, le plus à l’os. J’ai tellement rejeté cet aspect d’être différent, je voulais tellement m’inclure quand j’étais petit. Je jouais aux Barbies en cachette etc.. J’ai tout rejeté mais maintenant ça me fait du bien d’être ici, même si ce n’est pas pour tout conscientiser.

 

Propos recueillis par : Agnès Polloni 

Crédits Images : Agnès Polloni 

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