Musique

Fleur Richard & Pierre Templé : « Le Festival variations est l’exploration du registre immense des potentialités du clavier »

Fleur Richard & Pierre Templé : « Le Festival variations est l’exploration du registre immense des potentialités du clavier »

18 avril 2019 | PAR Yaël Hirsch

Du 23 au 30 avril, Le lieu unique, scène nationale de Nantes et la Fondation BNP Paribas, présentent la troisième édition de de Variations, festival éclectique autour du clavier. Fleur Richard, secrétaire générale du lieu unique et Pierre Templé, responsable artistique du festival nous présentent une programmation qui mélange classique, classique contemporain, electro, jazz et pop avec des noms à l’affiche comme Apparat, Dead Can Dance, Gabriel Kahane, Gisèle Vienne, Yaron Herman, Etienne Jaumet, Michaël Levinas, Célimène Daudet, Pierre Rigal et Terry Riley.

Vous démontrez combien l’univers du clavier est large. Y a t il un thème qui structure chacune des éditions du festival? Ou s’agit-il plus d’échos intuitifs entre les artistes de la programmation?

Il n’y a pas de thèmes au festival, l’exploration du registre immense des potentialités du clavier est un fil conducteur suffisamment puissant et en même temps sassez ouvert pour permettre une grande liberté de programmation, et offrir un maximum de découvertes au public.

Quels sont les enjeux spécifiques d’une troisième édition?

Cette année nous avons trois rendez-vous de danse, et un cycle de musique classique autour de Bach. Les croisements d’esthétiques sont encore plus importants que les deux premières éditions, et nous avons envie que notre public nous suive. Les spectateurs nous ont déjà prouvé qu’ils avaient envie de découverte lors des deux premières éditions, nous avons corsé encore le défi des mélanges cette année !

Qui est votre public dans les 7 lieux nantais ? Les amateurs de musiques viennent-ils de Nantes même, de plus loin?

Le public est différent du public habituel des concerts du lieu unique. Il s’agit plutôt d’un mélange assez homogène des spectateurs venus des différents lieux du festival et qui se fondent, le temps de Variations, dans un même ensemble. Il y a également des mélomanes qui viennent de plus loin, pour les créations. Et il y a aussi le public drainé par la Fondation BNP Paribas et son antenne locale. Ce partenaire a une grande force de prescription, ce qui est assez réjouissant. Finalement, la représentation théorique que nous avions en créant se festival s’avère tangible au fil des éditions. C’est une bonne surprise.

Quelle est la place de la création dans le festival ?

Chaque année le festival présente plusieurs créations, environ 1/3 de sa programmation est constitué de concerts spécifiquement imaginés pour le festival, ou qui se jouent pour la première fois. C’est un axe vraiment important, qui fait partie de l’ADN même de tous les festivals, d’ailleurs. Un temps fort pour faire découvrir les concerts les plus excitants, innovants, intéressants, émouvants… du moment : et de fait, de nombreuses créations. Cette année nous aurons par exemple la première date mondiale de Dead Can Dance, mais aussi une création de Tristan Perich par deux ensembles importants de musique contemporaine, un récital imaginé spécialement par la pianiste Célimène Daudet autour des compositeurs haïtiens, ou encore une création in-situ dans la cathédrale de Nantes par l’organiste virtuose anglais James Mc Vinnie, sur un répertoire de musiques contemporaines.

Et quelle est la place de la performance  ?

La performance est, au même titre que le concert ou que le spectacle, l’une des formes dans lesquelles le clavier s’épanouit. Il est un peu difficile de répondre à cette question car il faudrait d’abord définir ce qu’est la performance, et pour cela rigidifier les frontières entre les disciplines, ce que nous avons du mal à faire. Les concerts de Vicky Chow au piano avec 40 hauts-parleurs pour lui servir d’écho, ou Célimène Daudet équipée des capteurs de Jaccopo Baboni-Shilingi pour amplifier les bruits de son corps en train de jouer : s’agit-il de concerts ou de performances ? Le mieux est que chacun vienne se faire une idée sur place !

visuel : affiche officielle

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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