Electro
L’interview stroboscopique : ST4LK

L’interview stroboscopique : ST4LK

13 novembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur le Français ST4LK et son electronica baconienne, à la tête d’un projet mêlant dans une cacophonie angoissée le son, la vidéo, la lumière. Perché sur la scène du Café Charbon, on le découvrira ce jeudi à l’occasion du concert hebdomadaire organisé par la Scène Converse Avant-Poste…

Des lames dans le titre de ton morceau phare (« Knives »), des flingues dans son clip, des tensions plausibles dans l’ensemble de tes compositions, des jeux de clairs obscurs sonores qui tendent quand même plus vers Soulages que vers les coloris virginaux…quel degré de noir a-t-il fallu broyer pour mettre sur pied le projet ST4LK ?

ST4LK : Sortie du contexte, la question pourrait paraître un peu bizarre ! Disons que je viens de la scène indus des années 90, élevé à Atari Teenage Riot, Justin Broadrick ou Scorn alors ce n’est pas des influences très gaies. En images j’aime beaucoup Bacon ou effectivement Soulages mais je n’ai pas grand-chose d’un gothique. J’essaye toujours de garder un côté un peu onirique sur mes productions, une petite mélodie plus légère histoire de dire que tout n’est pas si sombre quand même. J’ai même mis des accords majeurs sur mon dernier disque !

SBTRKT, STRFKR, TNGHT, XXXY…sérieusement, c’est quoi cette obsession avec les noms de groupes dont on ne parvient jamais à retenir le nom ? (et au fait, ça se prononce comment ?)

ST4LK : A la base c’est « STALK » avec un « A » qui signifie « tige » en anglais et c’était lié à ma morphologie de grand sec. J’aime bien la deuxième signification qui est « traque », ça se retrouve justement dans le clip de « Knives » où des chasseurs courent après une innocente victime. J’ai rajouté le « 4 » de ST4LK par la suite car un producteur portant le même nom m’a demandé de changer. C’était pas plus mal vu que j’ai pas mal changé de style. De plus ça évite de tomber sur des tutos étranges pour « stalker » ta copine sur les réseaux sociaux.

Peux-tu nous parler de ton projet « Brightlights » de 2013, qui fait dialoguer jeu de lumière, projection vidéo et performance sonore ?

ST4LK : En fait en plus de ce projet musical je fais également de l’architecture et de la vidéo. Étant seul sur scène j’avais du mal à entrevoir le show sans images. Du coup avec mon collectif de vidéo (W.A.R.) on a décidé d’appliquer notre savoir-faire sur ce projet. Le truc est très minimaliste, en noir et blanc. Je contrôle la vidéo en midi depuis ma MPC et Max aux lumières vient souligner l’image avec des stroboscopes et des néons, du coup on a une déclinaison de différents types de noir et blanc et on peut jouer sur les plans. C’est assez épileptique en fait, l’idée était de mettre en avant les images et le son avant ma petite personne.

Remixer le « Tempest » de SOHN, c’est affirmer ton attention pour le post-dubstep tracassé (Burial, James Blake, William Arcane…) qui fait décoller la tristesse en même temps que les gambettes ?

ST4LK : Disons que j’ai un infini respect pour ces mecs-là. Eux ont vraiment une approche de songwrting que j’apprécie beaucoup en musique électronique. Savoir absorber les codes de trucs aussi éloignés que le dubstep et le swing pour James Blake par exemple pour créer ce truc génial ça change vraiment de la logique de suiveurs qu’ont beaucoup de producteurs. En tout cas je n’ai pas la prétention de me mettre à leur niveau mais j’essaye également de prendre un peu dans tous les styles pour faire un truc personnel.

La scène Converse Avant-Poste, sur laquelle tu joueras ce jeudi au Café Charbon, possède la particularité d’être placée en hauteur, largement perchée par rapport au public. D’un point de vue live, n’est-ce pas trop complexe à gérer ?

ST4LK : Pour le coup j’aime bien jouer dans des lieux atypiques. J’ai déjà fait un container au Danemark, une friperie en Espagne ou un lavomatic en Auvergne donc non je trouve ça plutôt chouette d’avoir un point de vue « élevé ». De plus j’affectionne particulièrement le Nouveau Casino et son équipe ou j’ai déjà joué plusieurs fois. Le Café Charbon est vraiment un endroit qui a de la gueule ! Alors mis à part le fait que je n’aurai certainement pas de lumières et de vidéo c’est plutôt cool et ça me force à me positionner en premier plan plutôt qu’a contre-jour comme j’en ai l’habitude.

D’un point de vue discographique, où en es-tu ?

ST4LK : Le petit EP Flashlight est toujours en libre téléchargement sur Soundcloud. Je sors un EP intitulé Ravin bientôt, en février / mars. Il est prêt mais je suis en pleine recherche de label actuellement et si je ne trouve pas je ferai ça en autoproduction. J’espère enchaîner rapidement avec un album.

Je suis à la recherche de sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

ST4LK : Vaste question ! Pour le coup en ce moment j’écoute beaucoup l’EP de Shlohmo et Jeremih qu’ils ont mis en libre téléchargement sur leur Soundcloud. Côté français je suis bien fan de l’EP de Superpoze et Stwo. Le LP1 de Fka Twigs tourne également pas mal sur ma platine. Et sinon j’écoute le mix de mon EP sur pleins d’enceintes pour le corriger.

Visuel : (c) pochette de Flashlight  de ST4LK

Infos pratiques

Galerie Barnoud
Théâtre les Blancs Manteaux
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture