Electro

Le duo expérimental Vanessa Wagner – Murcoff à la Seine Musicale

Le duo expérimental Vanessa Wagner – Murcoff à la Seine Musicale

05 novembre 2017 | PAR La Rédaction

Le duo formé par la pianiste classique Vanessa Wagner et le petit génie de l’electronica Murcoff ont sorti deux disques : l’album Statea et l’EP Ep02 (In Finé). Après un concert à Saint-Eustache, la saison dernière, ils ont investi la Seine Musicale, samedi 4 novembre 2017. Malheureusement, là où l’on attendait un vrai discours musical inventif de la part d’un chercheur de nouveaux sons électronique et d’une grande concertiste classique s’étant essayé dans les répertoires les plus éclectiques, nous avons plutôt vécu une heure trente d’abstraction électro-pianistique sans réel parti pris.

L’installation de Murcoff est intéressante, avec ces quatre micros reliés au différents registres du piano, lui permettant d’interagir sur chacune des notes de la concertiste, et les banques de sons utilisées par ce dernier sont réellement de bon goût, ainsi que ces (trop rares) rythmiques. Ce concert était parfait aussi pour apprécier le fabuleux sound system et l’acoustique parfaite de l’auditorium de la Seine Musicale

Au début Vanessa Wagner utilise toutes les notes du piano, mais une par une, un coup en haut, un coup en bas (c’est très long et vite soporifique) et Murcoff met un petit effet sur chacune. Après la surprise des premières minutes, l’ennui gagne.

Puis des gammes modales en montant et en descendant et on reparti pour vingt minutes, avec de temps en temps un « boum » de Murcoff. Ensuite un arpège de fa majeur répété en boucle suffit à mettre en transe Vanessa Wagner. Puis d’autres arpèges dans l’aigu et un peu plus vite. Va t’on enfin déboucher sur quelque chose ? Toujours pas…

Après une heure d’absence totale de lignes mélodiques ou de thèmes, on a été heureux d’entendre une gnossienne de Satie enveloppé d’un effet de vent et cloches synthétiques de Murcoff.

Puis avec une courte reprise d’Aphex Twin, nous plongeons dans un univers publicitaire type « Apple » pendant quelques minutes. Rien de nouveau musicalement sur ces deux uniques thèmes entendus et repris sous toutes les coutures. Quelques notes un coup en haut un coup en bas et on est déjà arrivé à la fin.

En dépit de grandes promesses, le concert a vibré au rythme d’une époque la technologie et le sound design sont vite transformés en mot « musique ». Nous pensions dans ce concert apprécier un langage musical, non uniquement une installation sonore, aussi qualitative soit elle. C’est ce qui permet de distinguer un concert du sound design d’une exposition contemporaine. Mais La « musique », c’est ce qui manque au projet Wagner-Murcoff. Faire du « son », de « l’ambiance », de « l’expérimentation » ne suffit pas à ouvrir un imaginaire.

visuel : affiche du spectacle

Wladimir Héron.

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