Classique

Verbier : Renaud Capuçon, Edgar Moreau, Richard Goode, Lahav Shani … rencontre « inédite » et réjouissante autour de Brahms & Schubert

Verbier : Renaud Capuçon, Edgar Moreau, Richard Goode, Lahav Shani … rencontre « inédite » et réjouissante autour de Brahms & Schubert

25 juillet 2017 | PAR Yaël Hirsch

Alors que Daniel Harding a pris le relève de Gianandrea Noseda à la direction du Verbier Festival Orchestra dans une 9ème de Malher dont les festivaliers parlaient avec des frissons, notre premier concert à Verbier pour cette édition 2017 a eu lieu à l’église. Et il s’agissait d’une de ces « rencontres inédites! » entre solistes de renom et de plusieurs générations que le festival propose comme des moments de magie.

Ce sont donc trois générations et trois maestros que nous avons ou entendre dans le 2 e trio pour piano et cordes de Brahms (1883): le pianiste américain Richard Goode, le violoniste Renaud Capuçon et le jeune prodige français du violoncelle Edgar Moreau. C’est visiblement avec beaucoup de plaisir et de complicité que les trois musiciens entrent en scène pour un « allegro » plein de douceur. Ils se répondent avec délectation : Capuçon d’une précision impressionnante, Goode juste sublime de partage et Moreau, heureux et joueur, même s’il est un peu effacé par les deux monstres sacrés. Ils entament d’un seul souffle romantique dans  deuxième mouvement « andante » avant de proposer une intensité et une vivacité communicatives dans le scherzo. Le final est un moment de pur jeu et d’allégresse où la rencontre arrive à son acmé, dans la subtilité et la joie. On atterrit en douceur avant une petite pause vivifiante avec vue imprenable sur la montagne dans le froid estival de Verbier.

Pour la deuxième partie qui est la fameuse quintette pour piano  « La truite » de Schubert (1819), c’est le jeune israélien Lahav Shani qui remplace Richard Goode derrière le piano (il est aussi chef d’orchestre et doit diriger l’orchestre de chambre de Verbier le lendemain) tandis que l’altiste ukraino-britannique Maxim Rysanov et le contrebassiste américain Leigh Mesh rejoignent Capuçon et Moreau. Mené par le duo en écho du piano et du violon, l’allegro inaugural emporte tout de suite le public. Le rythme s’emballe avec l’entrée dans la course de Rysanov. La rondeur des notes de Shani, la perfection de celles de Capuçon, l’écho discret de Moreau et grave de Mesh emmènent le public si loin qu’un spectateur se croit à un boeuf de jazz et applaudit au milieu du mouvement. Schocking pour le public de Verbier, mais tellement sympathique et en phase avec la camaraderie et le caractère « vivant » du concert. Le jeu se calme pour un « andante » doux et tendre. Mais l’urgence de la joie reprend dans le scherzo avant qu’on entre de plein pied dans le fameux quatrième mouvement emblématique de l’oeuvre et d’une certaine musique allemande : l’andantino est joué avec un geste folklorique irrésistible où la précision séduit et où la musique entraine comme pour une danse groupée. C’est presque sans transition que les musiciens finissent sur un dernier mouvement où la joie et la fantaisie sont à leur comble et où  Lahav Shani sautille de liesse derrière son piano et où le public entend littéralement la truite faire des bonds dans l’eau. Les applaudissements sont à la hauteur de ce moment musical et amical inédit.

La soirée tombe sur un Verbier pluvieux et heureux et l’on se prépare à bien de belles surprises : masterclasses et 3 grands concerts pour le lendemain.

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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