Classique

Un Requiem de Verdi parfait à la Philharmonie par la Scala de Milan, et Riccardo Chailly

Un Requiem de Verdi parfait à la Philharmonie par la Scala de Milan, et Riccardo Chailly

08 juin 2018 | PAR Yaël Hirsch

Ce jeudi 7 juin 2018 la Philharmonie de Paris accueillait le Choeur et orchestre de la Scala de Milan dirigé par Riccardo Chailly pour un Requiem de Verdi simplement parfait.
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Salle comble à la Philharmonie pour accueillir le Choeur et orchestre de la Scala de Milan dirigé par Riccardo Chailly, Riccardo Chailly et les quatre solistes : Tamara Wilson, soprano, Ekatarina Gubanova, mezzo, René Barbera, ténor et Feruccio Furlanetto, basse. Le Requiem de Verdi était donné d’un bloc en une heure et demie sans entracte, à peine un petit espace pour tousser (côté public) et reprendre son souffle (côté musicien). Inspirée par la mort de Rossini et de Manzoni et retravaillée pour une première dirigée par Verdi même en 1974, cette Messe de Requiem commence très solennellement par une introduction sourde des instruments et puis par le vœu de paix, quasiment à cappella.

Le Requiem est lent, lancinant et nous emporte dans sa cérémonie très théâtrale avec un élan grandiose. Quelque chose s’emballe au moment très puissant du « Dies Irae » que l’élégant Riccardo Chailly lance avec sa baguette, ses bras, mais aussi tout corps. Les choeurs répondent aux solistes (sublimes parties du ténor René Barbera) et les violoncelles aux violons pour demander le salut de l’âme à Dieu. Dans l' »Offertorium », Tamara Wilson et Ekaterina Gubanova nous offrent un moment de duo sublime et une légère respiration noue permet de nous reposer avant un Sanctus intense, un « Agnus Dei » infiniment tendre et lumineux  où l’on entend la beauté des flûtes et un « Lux aeternam » un peu plus grave où domine la voix de la basse : Feruccio Furlanetto.

Le final, « Libera me » ajouté par Verdi au déroulé classique de la messe catholique, transmue la mort en « libération de la mort éternelle ». Toujours parfait, l’orchestre se fait plus léger près une reprise du « Dies Irae » et les timbres sont plus clairs :  la soprano Tamara Wilson prend le dessus quand n’est pas chuchotée et parlée le prière d’être simplement … délivré de la mort. Le public applaudit à tout rompre une des plus belles versions qu’il est possible d’entendre aujourd’hui de cette éternelle Messe de Requiem de Verdi.

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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