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Marc Feldman : « L’Europe a donné naissance à la musique orchestrale »

Marc Feldman : « L’Europe a donné naissance à la musique orchestrale »

18 juin 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Marc Feldman est l’ administrateur de l’Orchestre Symphonique de Bretagne, il nous parle de la saison 2019/2020  (à retrouver ici

30 ans, c’est presque l’âge adulte, quel bilan faites-vous à l’occasion de cet anniversaire ?

 

C’est vrai, c’est un très bel âge pour faire un tour de l’horizon. En 30 ans nous avons accompli beaucoup et depuis 7 ans nous avons changé notre cap pour inclure plus de diversité dans notre programmation avec succès. Aujourd’hui nous voulons prendre tout ça en compte pour proposer d’aller encore plus loin. Nous voulons que la musique fasse partie de notre société, que le plus grand nombre puisse en profiter et en même temps que l’OSB soit reconnu pour sa qualité et son innovation au niveau national et pourquoi pas au niveau international !

 

Je suis toujours très impressionnée par la façon dont vous intégrez la mer dans votre saison, parlez-moi d’elle.

 

Depuis la nuit des temps la mer nous inspire. Sa beauté, ses mystères, sa rage… et elle fait partie de notre histoire commune, qu’il s’agisse de voyage, d’exploration, d’immigration, de la pêche, de nos loisirs…  L’humanité est intimement liée à la mer, surtout en Bretagne. Elle a aussi inspiré les arts et la culture. Nous voulons rendre hommage aux hommes et femmes de la mer, aux légendes et histoires de la mer et à ceux qui travaillent pour la comprendre et la préserver. La musique, les récits et les arts visuels sont des vecteurs pour transmettre notre respect et notre amour pour la mer.

 

Vous avez deux artistes associés, l’un classique, l’autre jazz, parlez-moi de ce duo, d’ailleurs, vont-ils jouer ensemble ?

 

D’abord, ils ne joueront pas ensemble, nous ne voulons pas tout mélanger, la juxtaposition de différents styles de musique, ça peut justement amoindrir ce que l’OSB présente chaque année. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des passerelles et que tout est cloisonné, au contraire ! Alexandre Tharaud est parmi les plus grands pianistes français d’aujourd’hui. Il s’intéresse à tout, du baroque à la musique contemporain en passant par la musique populaire. Il va nous apporter cette ouverture avec plusieurs concerts cette saison. Quant à Naïssam Jalal, nous avons un volet jazz symphonique et musique du monde depuis plusieurs saisons. Naïssam Jalal incarne notre volonté de travailler avec ceux qui repoussent les limites de leur musique pour en créer quelque chose de vraiment nouveau. J’invite le public à venir aux concerts d’Alexandre Tharaud et Naissam Jalal pour découvrir leurs points communs et leurs différences !

 

Votre saison est un manifeste européen, pouvez-vous me parler de cette ouverture ?

 

L’Europe a donné naissance à la musique orchestrale ! C’est l’art européen par excellence et elle nous lie ensemble de Portugal à Moscou. Même si on trouve des orchestres partout dans le monde aujourd’hui, il ne faut pas oublier que l’Europe est son berceau, et que les compositeurs et musiciens voyageaient de pays en pays depuis des siècles. Il nous semble très important aujourd’hui, dans un monde de plus en plus divisé, de réitérer notre attachement à l’Europe et toute la musique qu’elle nous a donné, de la musique Al Andalouse, les chants Grégoriens, l’Opéra et la Symphonie. L’Europe est en effet un beau « melting pot » musical !

 

Toujours dans cette démarche d’ouverture, vous offrez une place très belle au jeune public, racontez-moi.

 

J’ai eu la chance de découvrir la musique par des concerts jeune public à New York, et après on m’a donné un instrument à l’école à 8 ans. Je n’avais pas la musique à la maison. Donc, si je suis là aujourd’hui c’est parce que on m’a pris par la main pour me faire découvrir la musique orchestrale. J’ai envie que notre art continue, j’ai envie que les enfants aient la même opportunité que j’ai eu quand j’étais enfant. C’est beau, ça ouvre, ça fait réfléchir, il faut conjuguer le discipline et la passion, il faut travailler avec d’autres pour monter un concert… la musique est une très belle leçon de vie pour les enfants comme pour les adultes.

Visuel : Orchestre Symphonique de Bretagne

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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