Classique

Le concert de midi trente  des musiciens de l’orchestre national de France

Le concert de midi trente des musiciens de l’orchestre national de France

20 mai 2019 | PAR Jean-Marie Chamouard

Mozart, Boccherini et Prokofiev : un quatuor, un trio et un quintette. La musique de chambre est à l’honneur au studio 104 de radio France le 17 Mai 2019 à 12h 30.

C’est une tradition pour les musiciens de l’Orchestre National de France qui ils donnent un concert de musique de chambre, un vendredi à 12h30 une fois par mois, en choisissant eux-mêmes le programme.

Le concert a débuté par l’excellente présentation des œuvres et des musiciens, par la musicologue Madame Saskia de Ville.
Mozart a écrit ce quatuor pour hautbois et trio à corde (op 370) à Munich en 1781. Il s’était rendu à Munich pour le carnaval et pour les premières représentations de son opéra Idoménée .Le quatuor a été écrit pour son ami Friedrich Ramm, un grand virtuose du hautbois. Le premier mouvement est marqué par un dialogue entre le violon et le hautbois. L’adagio offre au spectateur une splendide mélodie et le chant du hautbois est très émouvant. Lors du rondo final la musique se fait joyeuse et malicieuse. La partition du hautbois est d’une grande virtuosité. Ce quatuor met en valeur en particulier les talents de You-Jung Han au violon et de Mathilde Lebert au hautbois.

Luigi Boccherini (1743-1805) est un compositeur italien né à Lucques en Toscane, il fera néanmoins l’essentiel de sa carrière en Espagne . Tombé dans l’oubli, le cinéma va le redécouvrir en particulier dans le film « Le dictateur » de Charlie Chaplin, grâce à son « Menuet », devenu célèbre. Boccherini nous a laissé une œuvre très importante en particulier de musique de chambre, il était également un violoncelliste exceptionnel. Il a composé le trio opus 14 n° 4 à Madrid en 1772 alors que Boccherini était au service de l’Infant d’Espagne Don Luis de Bourbon. Ce trio est un petit joyau, qui doit être écouté avec recueillement « dans une pièce point trop grande et à la lumière des chandelles ». La composition du trio : violon, alto et violoncelle est équilibrée et Boccherini jouait lui-même la partition de violoncelle.

L’allégro initial alterne vivacité joyeuse et douceur un peu mélancolique. La musique est émouvante presque d’inspiration romantique. Le deuxième mouvement est un andantino syncopé, un spicatto malicieux. Le violoncelle est à l’honneur, grâce au jeu d’Alexandre Giodan. L’allégro assai est une musique joyeuse, énergique qui évoque le soleil de la péninsule ibérique.
Serge Prokofiev (1891-1953) a écrit son quintette en sol mineur opus 39 en 1924 alors qu’il était en exil à Paris. Il a été crée à Moscou en 1927 et connut alors un vif succès. Ce quintette est une commande du chorégraphe Boris Romanoff pour un ballet intitulé Trapèze. Il s’agit d’un quintette pour hautbois, clarinette, violon, alto et contrebasse formé de six courtes pièces. La contrebasse jouée par Maria Chirokoliyska est au centre, visuellement et musicalement. C’est une œuvre relativement peu jouée mais très riche et contrastée. On croit reconnaître la danse de l’ourse grâce à la contrebasse, l’orgue de barbarie dans l’adagio pesante, et les acrobates dans le très enlevé et rythmé allegro précipitado .
Les musiciens de l’orchestre national de France nous on offert un programme très varié de musique de chambre, original par la succession voulue par les musiciens d’un quatuor, d’un trio et d’un quintette . On pourrait donc appeler ce concert, le concert 4,3 ,5 .

 

Visuel : Site de Radio France– Illustration : ©François Olislaeger

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Jean-Marie Chamouard

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