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Concert des lauréats du concours Voix Nouvelles

Concert des lauréats du concours Voix Nouvelles

25 septembre 2018 | PAR Victoria Okada

D’octobre à février dernier, la 4e édition du concours Voix Nouvelles a eu lieu et 6 lauréats ont été désignés le 10 février 2018 à l’Opéra-Comique. Le 24 septembre au Théâtre des Champs-Elysées, trois de ces lauréats ont chanté dans un gala, avec trois chanteurs primés de l’édition 2002.

Les soprano Hélène Carpentier et Caroline Jestaedt et le baryton Anas Seguin partagent la scène avec la mezzo Karine Deshayes, la soprano Nathalie Manfrino et le ténor Florian Laconi. La soirée est festive, avec la succession d’airs connus, en solo et en duo, où les chanteurs sont aidé par la direction chevronnée de Jean-Yves Ossonce qui réussit à tirer de l’Orchestre Colonne plus de couleurs et de consistance pour l’occasion.
C’est Anas Seguin qui ouvre le bal, avec le fameux air de Figaro « Largo al factotum della città » du Barbier de Séville. Sa voix à la fois solaire et timbré et son expression naturelle dans la peau du personnage illumine d’emblée la soirée. Plus tard dans la première partie, il chant en duo « Dunque io son » du même opéra de Rossini, avec Karine Deshayes en Rosina. Ayant une carrière bien démarrée, l’« artiste lyrique de l’ADAMI 2014 » est à l’aise sur la scène et remplit avec assurance sa partie aux côtés de la diva. En effet, Figaro est l’un de ses rôles du moment puisqu’il l’incarnera cette saison à l’Opéra de Bordeaux sous la direction de Marc Minkowski et dans la mise en scène de Laurent Pelly (la version représentée en décembre dernier au Théâtre des Champs-Elysées).
Hélène Carpentier, dans « Prendi, per me sei libera » (Adina, L’Elixir d’amour de Donizetti) et « Ballade du Roi de Thulé » (Marguerite, Faust de Gounod), manque encore de liberté dans l’interprétation. Son jeune âge (22 ans) réserve une grande marge qu’elle déploiera, on l’espère, avec intelligence. On sent un peu plus d’expérience chez Caroline Jestaedt qui a chanté « Gualtier Malde… caro nome… » (Gilda, Rigoletto de Verdi) et le duo « Pronta io son » (Norina-Malatesta, Don Pasquale de Donizetti) avec Anas Seguin. Elle entre admirablement dans le rôle mais isolé du contexte de l’œuvre, il est difficile de juger globalement son art — remarque qui va également à Hélène Carpentier.

Entendre ces jeunes chanteurs avec leurs aînés révèle in constat intéressant et incontestable : Après quinze ans de parcours permettant de sillonner la France et le monde, on acquiert un bon « métier » de chanteur ! L’agilité parfaite de Karine Deshayes impressionne une fois de plus l’auditoire qui la couronne reine de la soirée avec les applaudissements enthousiastes accompagnés de cris d’approbation. La voix luisante et la projection puissante de Florian Laconi donne le caractère dramatique à ce gala, avec notamment « E lucevan le stelle » (Cavaradossi, Tosca de Puccini), tandis que Nathalie Manfrino apporte la grâce avec « Me si cku, na me bi hlu bo kem » (Rusalka, Rusalka de Dvorak). Ce sont quelques exemples à suivre pour les « juniors », qui toutefois construiront leur propre carrière adaptée à la nature de leur voix. Ce sera donc à eux de combler cette différence observée ce soir dans la musicalité, l’expression et la technique, qui les séparent encore de leurs grands frères et sœurs…

Les six lauréats tourneront toute la France et quelques villes étrangères d’octobre 2018 à l’automne 2019. Les détails sont sur le site du Centre française de la Promotion Lyrique.

Photo © Victoria Okada

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Victoria Okada

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