Classique

A la Maison de la radio, un programme Schnittke-Beethoven à la complexité bienvenue

A la Maison de la radio, un programme Schnittke-Beethoven à la complexité bienvenue

23 janvier 2018 | PAR Alexis Duval

Un trio de cordes, puis un quatuor avec Elisabeth Leonskaja. Une heure durant, l’auditorium de Radio France a offert à son public un beau moment de musique. 

[rating=5]

Dire que le Trio à cordes d’Alfred Schnittke est une oeuvre difficile à appréhender tient de l’euphémisme. Même parfaitement exécutée, comme cela a été le cas, dimanche 21 janvier, à l’auditorium de la Maison de la radio par trois pointures de l’Orchestre philharmonique de Radio France, la radicalité de ses dissonances laisse perplexe un bon moment. Deux mouvements et vingt-cinq petites minutes suffisent à déconcerter. En créant une langue musicale complexe, le compositeur russe a souvent divisé ses contemporains.

A l’écoute de ce Trio, composé en 1985, c’est l’hermétisme qui frappe d’abord. Puis, à mesure que les notes s’égrènent sur le violon, l’alto et le violoncelle, on perçoit le caractère funèbre et mélancolique de la pièce, que Schnittke a écrite en hommage à l’Autrichien Alban Berg pour le centenaire de la naissance de ce dernier. David Harountunian au violon, Aurélia Souvignet-Kowalski à l’alto et Pauline Bartissol au violoncelle ont fait des merveilles en s’emparant de cette oraison en musique. 

Etonnante technicité

Entamer un concert avec autant d’arduité invite à poursuivre avec un répertoire plus classique, plus aisé à écouter. Le choix du Quatuor avec piano de Beethoven était ainsi tout à fait bienvenu. Au piano, c’est la Géorgienne Elisabeth Leonskaja qui était à la manoeuvre. Plus accessible, plus immédiate, cette composition de jeunesse (le maître allemand l’a écrite à 26 ans) n’en demeure pas moins d’une étonnante technicité.

Il y a du Mozart dans la brillance de la partition – on notera même une variation autour d’un des thèmes de Don Giovanni dans le deuxième mouvement. Mais c’est l’éclat du troisième et dernier mouvement Et en guise de bis, quoi de plus beau que de goûter à nouveau au dernier mouvement ? Une bienveillance réciproque a uni les quatre interprètes durant l’exécution de l’oeuvre, qui s’est conclue par de chaleureuses embrassades. De quoi mettre du baume au coeur.

Crédit photo : Alexis Duval

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Alexis Duval

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