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Exposition : Les « Estampes » d’Antoni Clavé ressuscitent à la BNF

Exposition : Les « Estampes » d’Antoni Clavé ressuscitent à la BNF

23 janvier 2018 | PAR Stacie Arena

C’est entre les murs de la BNF, guidée par Aude Hendgen, responsable des archives Antoni Clavé que l’exposition « Estampes » regroupe une petite sélection des quatre-vingt-douze oeuvres gravées du peintre espagnol, offertes par ses petits-enfants. Retour sur une exposition aux couleurs de la Catalogne, où tous les objets qui vous entourent deviennent soudainement prétexte à se travestir dans les mains de Clavé.

C’est abrité sous une lumière chaude que les quelques quarante gravures de l’artiste peintre Antoni Clavé, disparu en 2005, reprennent vie au premier étage de la Bibliothèque François Mitterand. La main charnue de l’artiste catalan, aussi magique que joliment incertaine, vous embarque dans son univers fourni en lithographies et gravures au Carborundum. Cette donation ressuscite une infime partie des quelques cinq-cent-cinquante estampes d’Antoni Clavé, déroulant ainsi le fil des années entre découverte et nouvelles inspirations.

Antoni Clavé fait partie des grands noms de la peinture du XXème siècle, qui ont trouvé dans la gravure une pratique complémentaire et indispensable à la peinture. Après une brève expérience de la lithographie dans son Espagne natale, Antoni Clavé la délaisse quelques années plus tard pour retourner à ses premiers amours de taille-douce et d’aquatinte. C’est trois ans plus tard, en 1968, que l’artiste peintre fait la découverte de la gravure au Carborundum, ce qui marquera le virage de la « nouvelle ère » de Clavé. Il donne une nouvelle vie à ses estampes, les façonne de multiples personnalités avec du rajout de tissu, de bouts de cartons, de clous, de cordes, de vis ou même des agrafes ! Il enterre donc la dualité frustrante de la peinture classique pour ce qui le caractérise le mieux : l’amour de la musique, la découverte et les multitudes de regards dans un monde jadis, trop étroit.

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Nous parcourons à une double allure, les silences ingénieux glissés sans hasard sous les pochoirs de Clavé, ses chiffres dissimulés dans un bout de journal déchiré et à la fois ce carmin omniprésent de l’Espagne franquiste, que l’artiste ne cessera de fuir en posant ses valises dans le vieux Saint-Tropez dans les années soixante. Ses proches parlent de lui comme un « acharné de travail », et en effet, il ne cessera d’aiguiser sa créativité la tête pointée vers sa presse, en quête permanente de nouveaux reliefs. En 1984, c’est la consécration, le pavillon espagnol de la Biennale de Venise honore l’artiste : cent-vingt-cinq œuvres, peintures, sculptures, maquettes et projets de costumes de théâtre, retracent l’essentiel de son œuvre, que complètent cent-cinquante lithographies et gravures au Museo de Arte Contemporáneo de Madrid.

En 2005, Antoni Clavé décède alors âgé de 92 ans, à son domicile à Saint-Tropez. Il est cependant, inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. Pour le centenaire de la naissance de l’artiste en 2013, la Fundación Vila Casas à Barcelone a organisé une rétrospective de son œuvre, rendant ainsi hommage à l’artiste catalan surnommé « le peinture hors du temps ».

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site de l’évènement, et pour les plus curieux d’entre vous, la BNF organise une Table-ronde Antoni Clavé le samedi 3 février à 16h dans le Hall d’accueil, espace Aquarium !

Visuels : ©Wikimedia Commons, ©ADAGP, ©Sanjiro Minamikawa

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