Musique
Avec Louis Chédid, nous sommes tous des clowns sous le chapiteau de Chorus à Puteaux.

Avec Louis Chédid, nous sommes tous des clowns sous le chapiteau de Chorus à Puteaux.

16 mars 2011 | PAR Bérénice Clerc

Chorus a une fois de plus fait le bon choix pour le Théâtre de Hauts de Seine de Puteaux en invitant Louis Chédid et son équipe explosive et talentueuse.

L’émotion des mots, la force d’une musique aux allures simples et l’humilité décrivent à merveille Louis Chédid.
Il y a quelques mois sortait son dernier album On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime. Un album profond créé en fusion avec son fils Matthieu. A la fois animal, instinctif et spontané, mais aussi très écrit, avec une place pour chaque mot, chaque instrument et chaque chose à sa place dans une évolution léchée.
Tout ce travail était présent hier soir à Puteaux. La salle comble dans le noir, la musique commence, dès la première note la batterie fut, un peu plus tard la guitare arriva, la lumière illumina la basse, les percussions, le clavier, puis donna naissance en dernier lieu à Louis Chédid. Les musiciens extrêmement talentueux sont ainsi dès le départ mis en valeur. « Tu peux compter sur moi », au texte et à la musique faussement simple nous entraine dans un second temps au cœur de l’univers de Louis Chédid, simple, heureux d’être sur scène comme ses musiciens, sautant, dansant, souriant et prenant plaisir à en donner.
« Ainsi soit-il », « Hold-Up » et son rythme de guitare inoubliable, « Je me suis fait la belle », hymne aux libertés personnelles, Les absents ont toujours tort, sublime chanson triste à l‘émotion rare, nous font voyager dans un passé musical où Louis Chédid a une place de choix.
Les chansons du dernier album sont taillées comme des diamants avec peu d’instruments et des mots juste sur notre société parfois cynique et violente « Chat noir » « Crock mort ».
Louis Chédid encore plus qu’à son habitude prône l’amour simple, le vrai et ne fuit pas la mélancolie d’un passé toujours présent « Le blues du dimanche soir ».
Louis Chédid joue avec les spectateurs même les plus expressifs, il nous fait chanter, danser, claquer des doigts, demande à un jeune homme de lancer la chanson avec un « Trois Quatre ». Il s’amuse, ses musiciens aussi et nous offre moult chansons sans une minute de répit. Les instruments résonnent, la basse vrille, les doigts dansent sur les guitares, les percussions sautillent et le clavier chante ses mélodies.
Entre électronique, rock, pop et intimité, Louis Chédid nous fit faire un beau voyage sentimental, musical et sans démagogie ou fausse emphase d’artiste en manque de talent.
En arrière scène de belles vidéos ponctuent parfois les chansons de variations chromatiques ou d’animations drôles et sympathiques.
Un spectacle sobre, d’un professionnalisme et d’un partage absolu applaudi sans limite par des spectateurs de 5 à 90 ans !
Pour son rappel très mérité Louis Chédid vient seul en scène chanter sa déchirure personnelle « Maman maman » écrite pour Andrée Chédid l’immense et talentueuse poétesse hélas décédée il y a peu de temps avec qui il partageait plus qu’une complicité mère fils. Là encore l’émotion est simple, il ne met pas en scène sa peine, une photo d’Andrée Chédid apparaît en fin de chanson. Comme pour la pochette de son album à la fin du concert un diaporama de photos de sa famille, ses amis , dans lequel on retrouve Matthieu Chédid, Christophe, Sansévérino, Henri Salvador, et bien d’autres inconnus du grand public, sur la chanson « On ne dit jamais assez ».
Un final réussi, on ne dira jamais assez à Louis Chédid qu’on aime son élégance, sa musique, ses mots, son émotion, sa poésie, sa pensée et son talent.

Si vous avez raté ce beau moment de musique et de mots, vous pourrez applaudir Louis Chédid au Théâtre du Châtelet à Paris le 28 mai, puis dans toute la France jusqu’en décembre 2011.

http://www.onneditjamaisassez.com/

http://www.chorus92.fr


Infos pratiques

Et Lutèce devint Paris, plongée dans l’histoire antique française du 4e siècle
Ô 4 vents, le festival jeune public du Marais
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture