Chanson
Bernard Lavilliers triomphe à l’Olympia

Bernard Lavilliers triomphe à l’Olympia

17 juin 2022 | PAR Yaël Hirsch

Alors qu’il nous a ramené l’an dernier un 22e album de Buenos Aires, le baroudeur de 75 ans affiche complet pour trois dates à l’Olympia. En première partie de la première soirée d’un concert élégant, travaillé et entouré de ses musiciens de grand talent, Bernard Lavilliers avait invité les deux frères de Terrenoire à faire sa première partie et partager la scène pour le titre qu’ils lui ont écrit « Je tiens d’elle ». 

 

Terrenoire à l’Olympia

Les deux frères stéphanois de Terrenoire étaient tout en contraste et en harmonie pour un duo de première partie dans la salle mythique. Ils ont eu 35 bonnes minutes pour nous présenter pas mal de leurs titres, avec un vrai travail sur le son, malheureusement un peu rugissant au niveau des réglages. Néanmoins, l’émotion reste forte à entendre la chanson à leur papa disparu « Derrière le soleil » et la profession de foi « Jusqu’à mon dernier souffle ». Néanmoins, nous rappelant les avoirs entendus au piano-voix à Saint-Eustache, on regrette presque cette simplicité d’appareil pour ressentir la merveilleuse complémentarité de leurs timbres.

Un grand pro sur scène

Alors que Bernard Lavilliers avait soigneusement enregistré une annonce pour présenter sa première partie, ce sont ses musiciens qui l’annoncent avec un rythme venu des Caraïbes tout de suite irrésistible ; on est assis donc on ne danse pas (d’ailleurs le chanteur demandera plusieurs fois des nouvelles de la santé de son public) mais ce n’est pas l’envie qui nous manque de danser, alors on tape des mains. Lavilliers présente toute son équipe, il a travaillé ses transitions, notamment la phrase récurrente « J’ai bien connu Bruno Coquatrix », la lumière et les mouvements de scène sont au cordeau. Quand il prend sa guitare, on entend les mouches voler et quand il demande au public de chanter, c’est presque un cours avec un prof exigeant, bref, c’est un grand pro qu’on retrouve sur scène.

Un tour du monde en 53 ans de carrière

« On the road again » – interprété seul à la guitare-, le baroudeur n’a pas cessé de voyager : il nous garde pas mal à Buenos Aires avec quelques chansons du nouvel album mais il nous emmène à Beyrouth, face à la marée, sur les pas d’un « petit » avec une arme ou chez les âme grises de « Fortaleza ». Sa voix a peine bougé et ses positions politiques idem : il nous met face à une humanité en guerre, et dénonce le grand capital, aussi bien que les dernières élections françaises qui ont mis face à face « la vieille blonde et le jeune marquis ». Quand il accueille à nouveau sur scène les Terrenoire, c’est avec beaucoup d’émotion qu’ils chantent ensemble leur Saint-Etienne natale et l’on mesure la force du parler-chanter du crooner. Généreux jusqu’au bout, Lavilliers et ses musiciens réjouissent les fans jusqu’au bout de la soirée.

Le chanteur à la boucle d’oreille avoue quand même que même si les places sont chères, l’Olympia est sa salle préférée ; ca tombe bien, il y rejoue demain et après-demain, cette fois-ci avec Noé Preszow en première partie.

visuels (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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