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Une rétrospective Soulages pour les 40 ans de la Fondation Gianadda

Une rétrospective Soulages pour les 40 ans de la Fondation Gianadda

23 juillet 2018 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 25 novembre, Pierre Soulages est à l’honneur à la Fondation Pierre Gianadda de Martigny. Une trentaine d’œuvres aux profondeurs noires constituent une rétrospective des années 1940 à nos jours co-organisée avec les œuvres conservées au Musée national d’art moderne (MNAM)-CCI Centre Pompidou de Paris (lire notre article sur la rétrospective de 2009) et riche de prêts du Musée de l’artiste à Rodez. Un must

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« La réalité d’une œuvre, c’est le triple rapport qui s’établit entre la chose quelle est, le peintre qui l’a produite et celui qui la regarde », explique Pierre Soulages très disert sur les murs sombres de la Fondation Gianadda où ses noirs semblent flotter de manière quasi organique.

Le parcours carré commence par une photo engageante de l’artiste dans son atelier en 1967. Au premier chef, c’est la matière qui est en cause : l’on découvre des années 1940 à nos jours son travail au brou de noix, matériau employé dans la menuiserie et inédit dans les beaux arts avant lui. Vient ensuite le visqueux goudron que Soulages dilue au white spirit avant de l’utiliser sur des fragments de verre.

Arrivés dans l’aile, dans le couloir qui jouxte une immense toile noir reflétant les chaises, l’on passe donc au format plus classique et familier de l’huile, et ce des années 1950 aux années 1970. « Ce qui importe au premier chef, c’est la réalité de la toile peinte », dit Soulages : « la couleur, la matière d’où naissent la lumière de l’espace et le rêve qu’elle porte ».

Le circuit se poursuit, hypnotique, pendant que l’effet rétrospective marche et que l’on rentre vraiment dans une somme. L’on entre de plus en plus dans la logique de contrastes du peintre qui dit aimer le noir pour « ce qu’il apporte de possibilité de lumière » et ajoute « J’aime que cette couleur violente incite à l’intériorisation ». Plusieurs Grandes toiles venues du Centre Pompidou dont le fameux triptyque (1979), irradient.

Sur le coin, un espace intime est dédié au papier et aux expérimentations de Soulages dans les années 1950 avec des techniques de gravure et de lithographie. Les plaques de gravures des années 1950 ont d’ailleurs servi de base pour les objets en bronze des années 1970.

Après un dernier grand carré de peintures des années 1960 venues de Pompidou, l’on entre de plain pied dans la matière riche de l’huile ou l’acrylique sur bois et puis sur toile des années 1980 à nos jours. Une douzaine d’œuvres dont plus de la moitié venues de collections privées et qui sondent en noir et dans une matière texturée le secret de la peinture. Le parcours se finit sur une phrase emblématique « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche »

Visuels :yh

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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