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Exposition Oscar Oiwa – Rio, Tokyo, Paris : des villes, des jeux, interview de la commissaire, madame Aomi Okabe

Exposition Oscar Oiwa – Rio, Tokyo, Paris : des villes, des jeux, interview de la commissaire, madame Aomi Okabe

30 septembre 2019 | PAR Jules Bois

Madame Aomi Okabe est la commissaire de l’exposition Rio, Tokyo, Paris : des villes, des Jeux, mettant à l’honneur Oscar Oiwa, avec Makiko Tanaka et Camille Fontaine. Afin de mieux appréhender l’exposition, nous lui avons posé quelques questions, dont voici les réponses !

– Pourquoi avoir choisi les Jeux Olympiques comme liant de ces trois villes ; Rio, Tokyo, Paris ?

En 1999, j’avais proposé à Oscar Oiwa de participer à une exposition de groupe que j’organisais à l’Institut français de Tokyo. Je voulais qu’il fasse une fresque à cette occasion, mais les choses ne se sont pas déroulées comme je le souhaitais avec le côté français, et l’exposition se fit sans Oscar. J’ai toujours voulu depuis présenter une œuvre monumentale de cet artiste. Et lorsque je me suis aperçue que les trois villes auxquelles il était fortement attaché et personnellement lié étaient des villes olympiques (Rio en 2016, Tokyo en 2020 et Paris en 2024), j’ai demandé à Oscar de créer des œuvres sur ces mégalopoles sous l’angle des JO.

Oscar Oiwa traite généralement dans ses œuvres de problèmes qui menacent l’humanité : guerres, terrorisme, dérèglement climatiques, désastres naturels… Cet ancien étudiant en architecture peint ainsi des villes en proie au chaos ou confrontées à un désastre imminent. J’étais donc curieuse de voir comment il représenterait ces trois villes olympiques. Les JO sont en effet de grands événements internationaux aux enjeux et défis immenses : infrastructures urbaines, coûts astronomiques, frictions avec les populations locales, corruption, etc.

– Quel dialogue s’établit entre les trois artistes, Oscar Oiwa, Makiko Tanaka et Camille Fontaine ?

Depuis le début de sa carrière, Oscar Oiwa manifeste une prédilection pour les représentations de paysages et d’environnements urbains, mais les personnages sont quasi inexistants dans ses toiles. De même, il me semblait fort probable que dans les nouvelles créations de Camille Fontaine, qui elle aussi peint beaucoup de paysages, ne figurerait pas d’athlètes. En faisant appel à Makiko Tanaka, une artiste japonaise qui privilégie la figure humaine, je voulais rééquilibrer l’ensemble.

Mon intention première n’était pas d’instaurer un dialogue entre ces trois artistes. Je souhaitais avant tout qu’ils utilisent au mieux les techniques picturales propres à chacun, que leurs approches soient originales, leurs regards différents. Et que les visiteurs puissent ainsi donner libre cours à leur imagination à partir de multiples points de vue.

– L’exposition réunira des œuvres de Oscar Oiwa spécialement réalisées pour les JO ; Quelles problématiques seront traitées à travers cette approche des métropoles ?

Dans la partie inférieure gauche de chaque panneau de l’immense triptyque sont représentés principalement des aspects de la vie quotidienne et des évolutions urbaines liés aux Jeux olympiques. Pour Rio, c’est un véhicule blindé de la police militaire utilisé pour la lutte contre le trafic de drogue dans les favelas. Pour Tokyo, c’est le quartier de Shibuya, métamorphosé avec les préparatifs des JO : c’est là que se trouve le parc Miyashita, point de départ des manifestations contre les JO ; c’est là aussi qu’est né un mouvement de protestation contre les expulsions des sans-abris des parcs de l’arrondissement. Pour Paris, la Révolution française est symbolisée par la forteresse de la Bastille, et le mouvement étudiant de mai 68 par une 2 CV et une Peugeot 404. Le tourbillon de fumée représente la flamme olympique, mais il rappelle également les voitures incendiées lors des manifestations des Gilets jaunes. On perçoit donc dans les œuvres d’Oiwa l’histoire et le contexte actuel de villes faisant face aux Jeux olympiques.

– Oscar Oiwa est né au Brésil, Makiko Tanaka est née au Japon, et Camille Fontaine est née en France. Y a-t-il la volonté particulière d’explorer l’intime artistique ?

Bien entendu, l’exposition était l’occasion pour ces trois artistes de porter un regard différent sur des villes auxquelles ils sont particulièrement attachés. Mon intention n’était pas cependant qu’ils dévoilent une part d’intime, je voulais avant tout stimuler leur créativité en les confrontant à une thématique inhabituelle pour eux.

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Jules Bois

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