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Elon Musk achète Twitter : un libertarien à la tête de l’oiseau bleu

Elon Musk achète Twitter : un libertarien à la tête de l’oiseau bleu

29 avril 2022 | PAR Jacques Emmanuel Mercier

Le rachat de Twitter par Elon Musk fait grand bruit. Focus sur l’acquisition du réseau social par « l’homme qui veut changer le monde » avec les questions que cela pose…

Elon Musk est né à Pretoria dans l’Afrique du Sud ségrégationniste. Celui que l’on présente comme un travailleur acharné quitte son pays pour les États-Unis afin de vivre le rêve américain. Fondateur de PayPal, SpaceX et Tesla, l’homme le plus riche du monde ne s’arrête pas. Il multiplie les projets de conquêtes : le train à grande vitesse avec l’Hyperloop devant relier San-Francisco à Los Angeles en trente minutes, la colonisation de Mars, l’usage de fusées pour des déplacements terrestres ultras rapides ou encore un vol New-York Paris en moins d’une heure, c’est ce que nous promet celui qu’on appelle l’Iron Man de la vie réelle.

Une vision de la liberté très personnelle

En avril 2022, Elon Musk décide de racheter Twitter, un réseau social où il passe énormément de temps. Superstar pour les uns, ignoble exploitant pour les autres, il voit ses idées souvent remises en question. Celui qui a un point de vue très fermé sur les syndicats et leur utilité, a été un temps conseiller du président Donald Trump. Depuis l’élection de Joe Biden, il se montre critique envers le président démocrate.

Elon Musk est libertarien. La doctrine du libertarisme consiste en la mise en avant des libertés individuelles par rapport aux libertés collectives. Les libertariens réclament une diminution du rôle étatique, pour une mise en avant d’un pouvoir local. Ainsi, le libertarisme va sur un échiquier politique d’une gauche forte – avec tout ce qui peut se rattacher aux droits de disposer de son corps ou même de la liberté d’expression – à une droite forte, libérale du point de vue économique. Elon Musk achète donc un réseau social influent pour porter ses idées et notamment celle de la pleine et entière liberté d’expression. Instrument de campagne politique majeur de Donald Trump, considéré par certains comme un terreau du complotisme et de l’extrême-droite, Twitter risque de perdre encore en crédibilité en appartenant à Elon Musk.

Ce qui va changer

Elon Musk est très attaché au premier amendement américain. La liberté d’expression doit être totale pour lui, sauf si elle représente un danger pour l’État. Sa vision de la liberté d’expression est ainsi très américaine. Dans les faits, aux États-Unis, la liberté d’expression doit s’appliquer à tous. Quels que soient les avis, les opinions, l’on peut les exprimer tant que cela ne met pas en danger la sécurité des institutions étatiques ou de ses représentants. En proposant que Twitter exprime toutes les opinions, Elon Musk va se heurter aux lois d’autres pays que les Etats-Unis. Ainsi, alors qu’aux Etats-Unis, c’est une opinion, dans la plupart des pays européens, le négationnisme est un délit. Twitter se risquerait ainsi à des conséquences fortes, sur le territoire européen, par exemple, si des propos illégaux étaient repérés. De plus, cette parole totalement libérée pourrait, même aux Etats-Unis, refroidir les entreprises qui souhaiteraient y faire de la publicité. Elles ne voudraient pas en effet se retrouver associé à des propos choquants ou condamnables pour des raisons idéologiques ou économiques… De plus, le nouveau propriétaire à retiré l’entreprise de la bourse de New York. Le tout après-avoir racheté toutes les actions 40% au-dessus de leurs valeurs. 

Un Twitter total, où les libertés individuelles et notamment la liberté d’expression règnent a tout de même certaines limites. Voyons ce que « l’homme qui veut changer le monde » va en faire. Après l’avoir acheté d’un claquement de doigts, pour plus de 44 milliards de dollars. l’homme semble prêt à dépenser sans compter. Son projet est probablement ainsi plus politique qu’économique… 

crédit photographique (c)  Wikipédia Commons 

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Jacques Emmanuel Mercier

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