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Livres jeunesse : Premiers printemps d’Anne Crausaz et A quoi ça rime ? de Junko Shibuya

03 décembre 2010 | PAR Sonia Dechamps

A l’occasion du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil : deux conseils de lecture tous les jours. Aujourd’hui, un album très poétique et un cartonné avec lequel jouer (tous les deux à partir de 3-4 ans).

Dans « Premiers Printemps », qui s’adresse aux enfants à partir de 3-4 ans, Anne Crausaz accompagne le lecteur à travers les 4 saisons de l’année. Au niveau du graphisme, la maitrise est totale, les illustrations d’une grande précision. L’univers peut donc apparaître comme n’étant pas très chaleureux au premier abord… Au premier abord seulement. Car quand il se laisse prendre par l’histoire, le lecteur se trouve subjugué par ces beaux dessins pleine-page qui jouent finement avec les formes géométriques et les couleurs (toujours douces, jamais criardes). L’auteure fait appel aux sens… aux souvenirs aussi. Elle invite le lecteur à apprécier « le printemps qui sent si bon », à se souvenir que « l’été a parfois le goût du sable dans la bouche », qu’en automne « les feuilles mortes craquent quand on saute dedans » ou encore à « écouter le silence de la neige en hiver ». C’est un livre apaisant et surtout très poétique. Il convient de lire les textes, observer les images et puis – pourquoi pas – fermer les yeux et… ressentir tout simplement.

Après la poésie, la rêverie, un peu de jeu avec « A quoi ça rime ? » de Junko Shibuya. Un livre intelligemment pensé, qui permet au lecteur de jouer avec les sonorités et ce, en suivant les aventures d’un nain (« malin », indique le sous-titre du livre). A chaque nouvelle page, le petit personnage au chapeau pointu rouge avance dans son périple et s’interroge à propos d’un mot : « A quoi ça rime ? » Derrière une « toile », peut ainsi se cacher une « étoile », derrière un « nuage » un gros « orage ». Mais un album c’est aussi – et peut-être avant tout – un support visuel, et Junko Shibuya ne l’a pas oublié ; tout le charme du livre ne réside donc pas dans cette réflexion au sujet des rimes, mais dans l’association de celle-ci à un jeu d’images.
Une petite description du procédé s’impose. Un dessin accompagne toujours le mot « interrogé ». Or, dans celui-ci, une fenêtre se trouve découpée ; une fenêtre qui laisse entrevoir l’illustration suivante. C’est donc – oui – par la sonorité, mais aussi par l’image que le lecteur doit deviner ce qui va suivre, ce qui peut se cacher sur la page d’après.
Les illustrations sont très simples, le style graphique, maitrisé.
Sans la révéler, il faut indiquer que l’album offre une fin surprenante et tout à fait réjouissante. Nous vous offrons un indice : « A quoi ça rime… roi ? »…

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Sonia Dechamps

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