Fictions

« Les Prisonniers de la liberté » de Luca di Fulvio : la vie est un tango

« Les Prisonniers de la liberté » de Luca di Fulvio : la vie est un tango

10 septembre 2019 | PAR Marine Stisi

Publié en avril dernier en Italie, Les Prisonniers de la liberté, le nouveau roman de l’italien Luca di Fulvio paraît en septembre aux Editions Slatkine & Cie.

Comme c’est agréable, de débuter un livre et d’être happé, presque instantanément, par son histoire. L’écrivain romain Luca di Fulvio possède indéniablement ce je-ne-sais-quoi du conteur, qui fait retomber dans cet état si excitant qui est celui de ne pas pouvoir refermer un livre quand on le commence.

Depuis le succès amplement mérité du Gang des rêves, récit des aventures d’un gamin italien immigré à New-York avec sa mère et premier volet d’une trilogie sur l’enfance*, Luca di Fulvio s’est fait un nom. Le succès de ces romans ont confirmé auprès du grand public les qualités de son écriture prolifique et poétique. Avec Les Prisonniers de la liberté, il offre une nouvelle fois un roman plein d’humanité, fait de personnages tendres et justes au cœur de la misère, comme une ode à l’espoir et à la chance.

Si Le Gang des rêves nous transportait à New-York, le romancier s’est intéressé cette fois-ci à Buenos Aires, capitale argentine qui, au début du siècle dernier, se caractérisait par son nombre très élevé d’hommes pour très peu de femmes. La ville possédait alors un nombre hallucinant de bordels, alimentés par un réseau illégal de jeunes filles venues du monde entier, à qui l’on avait fait croire à un monde meilleur…

Le lecteur suit trois destins emmêlés : Rocco, un jeune sicilien, fils d’un mafieux illustre mort avec les honneurs de ses frères, envoyé en Argentine pour se faire oublier, est bien différent de son père – il déteste la mafia, veut être mécanicien et prône la justice ; Rosetta, sicilienne échappée d’un village où un baron sanguinaire lui a tout volé : son bétail, sa terre, son honneur ; Raechel, jeune fille juive russe, abandonne son village après avoir vu son père mourir dans un pogrom et suit une caravane venu proposer à des jeunes filles un avenir meilleur en Argentine… Tous les trois font une découverte pleine de désillusion du Nouveau Monde. La pauvreté, la cruauté, les inégalités, sont peut-être pire encore qu’ailleurs. Pourtant, la vie va les réunir. C’est souvent très beau, souvent très cruel aussi, mais ce livre est une vraie réussite. 

Luca di Fulvio, Les Prisonniers de la liberté, Editions Slatkine & Cie, 688 pages, 23€

Couverture : ©DR

Date de publication : 12 septembre 2019

*Les deuxième et troisième volet, Les Enfants de Venise et Le Soleil des rebelles, sont également parus chez Slatkine & Cie.

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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