Fictions
« La Succession »: après « Le Magasin des suicides », la famille des suicidés

« La Succession »: après « Le Magasin des suicides », la famille des suicidés

04 août 2016 | PAR La Rédaction

Jean-Paul Dubois nous livre le destin de Paul Katrakilis, joueur professionnel de cesta punta à Miami et unique survivant d’une famille de suicidés.

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Le pauvre Paul Katrakilis n’a pas une famille bien drôle. Son grand-père, Spyridon, médecin personnel de Staline, s’est enfui d’URSS, emportant au passage un échantillon du cerveau du dictateur récupéré lors de l’autopsie funéraire. Spyridon s’est suicidé. La mère de Paul et le frère de celle-ci sont horlogers et vivent une relation quasi incestueuse. Ils ont mis fin à leurs jours, à quelques mois d’intervalles. Afin de fuir ce climat funèbre, Paul s’est enfui à Miami où il est joueur professionnel de cesta punta et côtoie le bonheur. Mais le téléphone sonne: le consulat lui annonce la mort de son père, médecin à Toulouse. Idem: suicide. Paul va devoir retourner en France et affronter l’administration pour régler la succession de son père tout en faisant face aux fantômes de sa famille.

Le suicide est-il héréditaire ? Peut-on se couper définitivement d’une famille que l’on rejette ? Le bonheur est-il forcément condamné à être un état transitoire ? Ce sont quelques-unes des questions que pose Jean-Paul Dubois au fil de son livre, sans toutefois apporter des réponses arrêtées et définitives. L’auteur, dans cette tragi-comédie, développe un certain goût pour l’absurde: Paul adore son bateau bien qu’il ait le mal de mer, son père s’est suicidé en se collant avec du scotch sa mâchoire pour éviter de crier lors du saut final, etc. Une galerie de personnages hauts en couleur entoure Paul: un joueur de chistera qui ne pense qu’à « quimbar y singar », une magnifique Norvégienne ou encore un sosie alcoolique de Stellan Skarsgard.

Mais ce n’est pas pour autant que le lecteur est emporté. Sans que la lecture soit désagréable, le lecteur se demande où Jean-Paul Dubois souhaite l’amener, ce qu’il cache derrière cette sombre histoire de famille de suicidés. À celui qui cherchera un secret de famille explicatif des derniers faits et gestes, il n’y en aura pas, l’auteur préférant se concentrant sur la vie de Paul. Il faudra attendre le dernier tiers du livre et la découverte de carnets noirs pour (enfin) accrocher au roman. C’est dommage.

Jean-Paul Dubois, La Succession,  238 pages, 19€, Éditions L’Olivier, en librairie le 18 août

visuel : couverture du livre

Julien Coquet.

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La Rédaction

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