Essais
Sur la route des hommes sans nom, par Bernard-Henri Lévy

Sur la route des hommes sans nom, par Bernard-Henri Lévy

06 juillet 2021 | PAR Ilan Lévy

Sous la plume de Bernard-Henri Levy, les hommes sans nom des confins oubliés du monde- Joseph Kessel, Graham Greene, Ernest Hemingway ou Romain Gary- reviennent à l’existence.

Un livre événement

Les livres de Bernard-Henri Levy sont toujours des événements repris par la presse. Ce dernier n’échappe pas à la règle d’autant qu’il est accompagné d’un documentaire diffusé sur Canal +.
BHL a la particularité d’être à la fois un intellectuel-philosophe qui offre une réflexion sur le monde et, en même temps, un acteur de ce monde. Il s’explique longuement dans les premiers chapitres sur son refus de l’intellectuel dans sa tour d’ivoire.
Sa filiation lui sert de boussole ; son père s’est engagé très jeune en Espagne au côté des Brigades Internationales contre le fascisme de Franco, puis dans la Résistance.
Plus tard, le jeune BHL répondra à l’appel de Malraux et rejoint le tout jeune état du Bangladesh. Il y reste de nombreux mois et aide l’état à se mettre en place.
Plus journaliste que soldat, celui qui ne rechigne pas à se mettre en danger pour parler au monde, a fréquenté tous les terrains de guerre depuis 50 ans.

Des victimes oubliées

Après cette première partie consacrée à ses engagements, le philosophe combattant parcourt le monde et met en lumière les conflits gelés. Loin de se confiner, il part à la rencontre de ces guerres oubliées, de ces confins du monde, de ces hommes, femmes et enfants qui meurent ou souffrent dans l’indifférence générale.
Si l’on connaît son engagement ancien aux côtés des Kurdes, un peuple qu’il admire particulièrement, son soutien aux chrétiens du Nigéria contre les Fulanis est fort. Les Fulanis constituent un groupe de bergers islamistes du Nord du Nigéria qui massacre les chrétiens et prend leurs terres, avec le soutien tacite du gouvernement et de l’armée. Les Fulanis débarquent à moto dans des villages chrétiens et massacrent particulièrement les femmes et les enfants à la machette, en prenant soin de laisser des personnes vivantes afin qu’elles préviennent de leur cruauté.
Il se rend en Somalie, à Mogadiscio, capitale abandonnée aux milices et aux chebabs, groupe islamiste, où la petite zone verte « protégée » l’est par une compagnie privée américaine.
Du Kurdistan à l’Est de l’Ukraine, de l’Afghanistan à la Lybie, il témoigne inlassablement de la cruauté des hommes, et de l’absence de réaction de l’Occident qui laisse Poutine, Erdogan, les talibans agir.
En Afghanistan qu’il connaît depuis fort longtemps, il rencontre l’héritier, le fils de son ami le commandant Massoud, qui n’a repris la lutte de son père contre les talibans ; l’espoir n’est pas totalement vain.

A Lesbos, la mauvaise conscience de l’Europe

Ile grecque magnifique, Lesbos, qui a engendré la civilisation européenne, accueille dans l’indifférence générale un camps de refugiés. Plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vivent une situation épouvantable, abandonnée de tous. Haïs par la population, victimes de l’extrême droite grecque, Aube dorée, ayant peu de chance d’entrer en Europe, ils attendent, ils survivent, dans une situation sanitaire déplorable à quelques dizaines de kilomètre de notre Europe.

Une conscience de notre temps

Souvent critique, voire moqué, Bernard Henri Levy, le philosophe-combattant ne se satisfera jamais de l’état du monde. Ami des Kurdes, des démocrates ukrainiens, des femmes afghânes, il apporte soutien et réconfort aux oubliés, aux victimes des « guerres sans nom » que lui n’oublie pas.
Il est une des consciences de notre temps, porteur des valeurs universelles de justice et de solidarité.

Ilan Levy

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Ilan Lévy

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