Essais
« Les cent derniers jours » d’Hitler par Jean Lopez

« Les cent derniers jours » d’Hitler par Jean Lopez

07 mai 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Jean Lopez, historien, est un meilleur spécialiste du front de l’est et de la Seconde Guerre mondiale, présente les cent derniers jours d’Hitler.

LE Troisième Reich EST UN MONUMENT SINISTRE ET INSTABLE
Le Troisième Reich est un édifice étrange, semblable à nul autre avant, et après lui.
Son architecte en chef, Adolf Hitler, en a fait en peu de temps un monument sinistre et imposant, instable par nature car tout entier voué à la destruction, la guerre et la conquête.
Pour décrire le Troisième Reich, il faut observer sa clé de voûte Hitler.

CHRONIQUE DE LA FIN D’HITLER DE JANVIER A AVRIL 1945
Pour comprendre ce collapse unique dans l’histoire, Jean Lopez livre la chronique des cent derniers jours d’Hitler.

De son retour à Berlin en janvier 1945 à son suicide en avril 1945
Ce sont ses déplacements, ses proclamations, ses actes de gouvernement et de commandement militaire, sa vie quotidienne et ses humeurs sont racontés, avec soin.
Plus de 100 photos (comme les photos de Dresde, avec l’allégorie de la bonté) illustrent le récit, de façon saisissante.
LA VICTOIRE OU LA DISPARITION
Cet ouvrage ne s’intéresse pas seulement à Hitler, mais à l’ensemble du Troisième Reich, et aux civils et déportés enfermés dans les 200 00 lieux de détention répertoriés.
En plus de l’histoire militaire, des sujets sont étudiés comme les marches de la mort, les crimes de guerre soviétiques (deux millions de femmes violées, deux quarante mille femmes mortes), ou la détoriation de l’état de santé d’Hitler (hypertension, cécité, sclérose coronarienne, maladie de parkinson), les deux derniers bluffs d’Hitler, le réduit alpin et le loup-garou (werwolf) sont étudiés.
Les Soviétiques témoignent du pouvoir du viol, comme arme de guerre.
Le viol est public, pour déshonorer, et castrer symboliquement les hommes, qui ne peuvent protéger leurs femmes.
Les Soviétiques ont également violé, dans d’autres pays à grande échelle comme l’Autriche, la Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Mandchourie, mais également parmi les déportés libérés des camps.
La psychologie du soldat russe (Frontovik), est en cause.
Le mythe de la Wehrmacht est battu, en brèche, il y a de plus de déserteurs, et de problème d’alcoolisme, dans les derniers mois.
Depuis 1941, Hitler a choisi de vivre, dans des bunkers.
En instituant la volonté et la lutte fanatique comme éléments de victoire, il anéantit toute issue politique.
Le format de l’ouvrage et la qualité des photographies, en font un ouvrage remarquable.
Hitler a voulu gagner la bataille de la postérité, et il a mis en scène la disparition du troisième (œuvre d’Ernest Jünger ou Ernest Von Salomon) Reich.
On peut souligner la brillante conclusion de l’auteur :
« Hitler a voulu faire de sa fin une œuvre d’art édifiante et apocalyptique, sombre et désespérée. Pour cela, il n’a pas hésité un instant à sacrifier des millions d’Allemands et d’Européens. Il n’était pas à un holocauste près. »
Cet ouvrage n’est pas seulement, un album de photos, les commentaires sont très pertinents, et enrichissants.

Les cent derniers jours, Jean Lopez, éditions Perrin, mars 2015, 24,90 euros, 277 pages

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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