Essais
Incarcérer les collaborateurs de Laurent Duguet

Incarcérer les collaborateurs de Laurent Duguet

12 juin 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Laurent DUGUET est chercheur à l’université de Montpellier, il publie un ouvrage issu de sa thèse soutenue en 2013 sur les camps de collaborateurs en France, pour la période 1944-1945.

LES CAMPS DE COLLABORATEURS DURANT LA PÉRIODE 1944-1945
Dès les premiers mois de la libération, sur l’ensemble du territoire français, plusieurs dizaines de milliers de personnes soupçonnées de collusion avec l’occupant sont arrêtées puis incarcérées dans les camps d’internement.
Dans la région de Marseille vont se côtoyer de véritables collaborateurs, de simples suspects, des civils italiens et allemands, une poignée de prisonniers de guerre, mais aussi des femmes et des enfants en bas âge.
Les directeurs de ces établissements sont confrontés chaque jour à des prisons surpeuplées, où les conditions d’hygiène sont déplorables risquant à tout instant de propager des épidémies de rougeole ou de fièvre typhoïdes, tandis que les denrées alimentaires, tandis que les denrées alimentaires et le matériel de base manquent cruellement.
Comment, en effet, financer ces lieux ouverts à la hâte, comment recruter et rémunérer le personnel, comment assurer la surveillance et la protection des internés ?

JURIDIQUEMENT COUPABLE D’AUCUNES INFRACTIONS
Mis en place par le comité français de la libération nationale, il possède la particularité « d’interner des citoyens pour un temps indéterminé, bien qu’ils ne soient juridiquement coupables d’aucunes infractions ».
Ce n’est pas un camp de concentration, ni une prison, mais un espace utilisé à la discrétion de l’état.
La place des femmes, dans les camps, est un casse-tête permanent.
L’internement administratif a duré 17 mois, à travers 16 camps, dans les six départements de Marseille.
On interne des gens, pour leur sécurité, pour éviter, qu’ils soient tués, parfois.

Cet épisode est ignoré, et mérite d’être connu.
Bien entendu, on trouve une population cosmopolite, dans ces camps.
Souvent les personnes sont incarcérées, en raison de faits imaginaires.
Ces camps constituent le déversoir des rancœurs masqué, pendant les années d’occupation
Cette publication, permet de découvrir la gestion quotidienne de l’épuration officielle.

Incarcérer les collaborateurs. Laurent Duguet. Éditions Vendémiaire, mars 2015,352 pages, 24 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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