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BD : Journal d’une bipolaire

BD : Journal d’une bipolaire

14 janvier 2011 | PAR Sonia Dechamps

Fruit d’une jolie – et intéressante – démarche, ce « Journal d’une bipolaire » est un peu trop doux et distant pour être totalement percutant.

L’idée, c’est celle qu’a un jour Camille de raconter sa maladie, sa vie avec celle-ci, à travers la bande dessinée. Sa maladie, c’est la bipolarité, ou « psychose maniaco-dépressive à tendance morbide ».
Sont ainsi évoqués les sautes d’humeur, les tentatives de suicides, les séjours en hôpital puis en foyer, les rechutes… Mais aussi les relations avec les amis, la famille, la volonté de s’en sortir.
Si les proches ne comprennent pas toujours ce qui arrive à la jeune femme – qui fait, sous le crayon de Sébastien Samson, davantage petite fille que jeune étudiante –, le lecteur a parfois lui aussi du mal à comprendre les réactions de Camille, mais c’est bien là le coeur de sa maladie, passer du rire au larme sans apparente justification.
Cependant, il semble manquer un peu de crudité, de dureté, à cette bande dessinée. La maladie évoquée est – par bien des aspects – violente, ce dont ne rend que très peu compte ce « Journal d’une bipolaire ». Sans tomber dans le pathos, il aurait gagné à être un peu plus dur, la maladie dont souffre la narratrice apparaissant ici d’une inoffensivité certainement exagérée (preuve en est les années passées en foyer).
Les illustrations sont très – et peut-être trop – sages, tout en douceur. Agréables, elles manquent cependant de personnalité, alors que la protagoniste, elle, est loin d’en manquer. Six années sont survolées sans que jamais Camille ne semble grandir ; effet étrange et déstabilisant, pour ne pas dire gênant. Ce jugement sévère mérite cependant d’être atténué. Pour une première bande dessinée, Sébastien Samson s’en sort plutôt bien. Reste au dessinateur à s’autoriser à prendre certaines libertés ; à s’affirmer et laisser son dessin s’épanouir afin que celui-ci puisse exprimer de réelles émotions, par lui-même.
Jamais ce journal ne se fait moralisateur, complaisant ou inutilement explicatif, Il est un témoignage de vie ; un témoignage pas aussi percutant qu’il aurait pu l’être, mais néanmoins touchant.

 

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Sonia Dechamps

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