Cinema

The Happy Prince : une oeuvre toute en majesté signée Rupert Everett

The Happy Prince : une oeuvre toute en majesté signée Rupert Everett

18 décembre 2018 | PAR Marine Sulitzer


Les trois années qui suivirent son incarcération à Londres pour homosexualité, Oscar Wilde les passèrent à Paris, à errer dans les rues de la capitale, exilé de sa patrie, de la gloire et par dessus tout, des mots, à jamais brisés, à l’image de son destin. C’est ici que Rupert Everett commence son récit, fasciné confit-il, par « l’exil trop peu connu d’un génie de la littérature britannique ».

C’est émerveillé que l’on découvre le Paris décadent de la fin du XIXème siècle, avec ses cabarets suintants l’absinthe et les plaisirs de la chair, ses cafés et restaurants, rendez-vous des artistes où le champagne coulait à flot et la misère des abris de fortune de la porte de Clignancourt. C’est un Oscar Wilde bouffi par l’alcool et désargenté que l’on voit déambuler dans les ruelles sombres, loin des applaudissements et des fastes d’une vie qui lui réapparaissent en songes magnifiques, d’une envolée lyrique bouleversante.

Malgré la misère et la maladie, la lumière est partout: dans deux petits vendeurs d’allumettes qui s’amourachent des talents de conteurs de l’écrivain, dans son sourire élégant emprunt de mélancolie, et par dessus tout, son élan pour la vie et les histoires qui ne s’éteindront qu’à sa mort, dans un dernier adieu céleste. D’une beauté folle, la photographie opère un véritable voyage dans le temps qui nous emmène en Italie, dans une somptueuse échappée amoureuse au bord de la mer. Les séquences saisissent par leur finesse picturale, semblable à des tableaux comme si ces instants de bonheur appartenaient déjà à l’histoire avec un grand H avec Wilde et son amant dans les rôles principaux.

En plus d’être une magnifique première oeuvre en tant que réalisateur, Rupert Everett s’habille ici de l’un de ses plus beaux rôles tant la transformation impressionne. Du bel écrivain dandy au sommet de sa gloire, au prince déchu déformé par deux années de geôle, l’acteur est méconnaissable, entièrement habité par son personnage. The Happy Prince est une oeuvre poétique d’une beauté saisissante dont on ne ressort pas indemne.

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Marine Sulitzer

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