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Sex Education : les lycéens de Moordale ont encore des choses à dire…et à faire

Sex Education : les lycéens de Moordale ont encore des choses à dire…et à faire

01 octobre 2021 | PAR Lucas Liberati

La quatrième saison de Sex Education vient d’être annoncée. Mais, quels résultats pour la troisième ? La sulfureuse série phare de Netflix met la lumière sur ses personnages secondaires et lève le voile sur de nouveaux tabous. Malgré quelques facilités, le résultat est à la hauteur des attentes, la série accompagnant doucement ses personnages vers l’âge adulte avec un ton plus mature. 

C’est la rentrée pour Otis, Maeve, Eric et les autres et elle ne sera pas de tout repos. En effet, une nouvelle principale à l’allure « cool » qui se fait appeler par son prénom Hope, incarnée par Jemima Kirke (Girls) débarque pour redorer l’image du « lycée de sexe » et avec elle tout un lot de mesures restrictives et conservatrices. Première mesure, repeindre les casiers en gris : le ton est donné, c’est une période d’austérité qui s’annonce pour les délurés élèves du lycée Moordale. Du côté des élèves, c’est le toujours le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure, Otis (Asa Butterfield) et Maeve (Emma Mackey) sont en froid et vont chercher leur plaisir ailleurs, l’excentrique Eric (Ncuti Gatwa) et le taiseux Adam (Connor Swindells) vivent leur amour au grand jour.

Dans cette saison, les acteurs ont grandi et le ton accompagne ces « dernières années » vers la fin du lycée, de l’adolescence. La série évoque à travers deux nouveaux personnages la non-binarité, iels vont se heurter frontalement au nouveau puritanisme de Moordale et mettre en exergue la question de trouver sa place. Grâce au personnage de sexologue déjantée incarné par Gilian Anderson (X-Files, The Crown) est évoquée l’épineuse question des grossesses tardives et des violences gynécologiques et obstétricales. Ces enjeux lourds sont toujours traités sérieusement mais non sans légèreté comme a pu le faire la série par le passé et permet de faire passer des messages forts en douceur. Cette troisième saison parle aussi de chemin plus long vers la résilience, on suit notamment Aimee qui souhaite se faire accompagner pour guérir le traumatisme de son agression sexuelle ou la rédemption de l’ancien principal Michael Groff grâce à la psychothérapie. 

Le ton plus mature n’empêche pas l’humour et les situations ubuesques et si, de loin, la griffe de la série pourrait paraitre moralisatrice en réalité l’écriture est sémillante et n’hésite pas à se moquer d’elle-même. Les frasques amoureuses chaotiques et la candeur de certains personnages préservent la juvénilité de la série. L’intrigue se déroule toujours dans un espace temps hybride entre l’allure surannée des voitures et la modernité des smartphones, cette campagne anglaise montre des paysages qui oscillent entre verdure et banlieue résidentielle. Nouveauté cette saison, la série s’autorise à sortir du cadre de Moordale à travers des excursions pittoresques dans la Somme ou au Nigeria.

Malgré une série qui semble avoir réussi sa mue, l’âge des acteurs avançant, beaucoup d’intrigues ayant été résolues et les sujets n’étant pas inépuisables, on peut imaginer que la quatrième saison qui vient d’être annoncée sera une des dernières, si ce n’est là dernière.

Sex Education, disponible dès maintenant sur la plateforme de streaming Netflix

Visuel : Creative Commons

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