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Les Revenants, la nouvelle série de Canal + vous hantera longtemps

Les Revenants, la nouvelle série de Canal + vous hantera longtemps

08 novembre 2012 | PAR Olivia Leboyer

Après le très réussi Simon Werner a disparu, le jeune réalisateur Fabrice Gobert s’est lancé dans une série en huit épisodes estampillée Canal + : pari tenu, les deux premiers épisodes sont époustouflants ! A suivre dès fin novembre le lundi soir.

 

Pour sa nouvelle série, Canal + a mobilisé de vrais talents : à l’écriture, Fabrice Gobert s’est entouré d’Emmanuel Carrère (dont on connaît le goût pour l’étrange au quotidien, par exemple dans La Moustache) mais aussi de Céline Sciamma (La naissance des pieuvres, Tomboy). Dans le casting, on retrouve avec plaisir la belle Ana Girardot (Simon Werner a disparu), la sublime et fraîche Clotilde Hesme et son partenaire d’Angèle et Tony, Grégory Gadebois, la délicate Anne Consigny, la troublante Céline Sallette, ainsi que des enfants et adolescents absolument extraordinaires.

L’histoire, adaptée d’un roman de genre, semble a priori classique : un beau jour, dans une petite ville de montagne, des morts reviennent, pour de vrai, parmi les vivants qui les pleuraient. Mais l’originalité de la série tient à ce que le but, ici, n’est pas uniquement de faire peur. Les morts ressuscités ne ressemblent en rien à des zombies. Ils sont comme avant, exactement comme avant. En revanche, les vivants, eux, ont changé : vieillis, abîmés par le chagrin, hantés par la culpabilité, ils doivent affronter un retour inenvisageable, impossible, et pourtant réel. C’est cette confrontation entre les « vraies personnes » et les morts, tout aussi vivants sinon plus (ils mangent comme quatre, courent partout, ont le regard bien éveillé), qui se révèle passionnante à suivre tout au long des épisodes. Comment réagir face à ces réapparitions brutales ? Comme le dit le prêtre à Clotilde Hesme : un retour des morts en chair et en os est impossible et, de toute façon, cela ne serait pas souhaitable. Démunis, partagés entre la joie, l’incrédulité, la gêne, d’autres sentiments plus troubles encore, les vivants devront réapprendre à parler à ceux qu’ils avaient définitivement perdus.

Sur l’intrigue, on en dévoilera le moins possible, pour ménager le suspense de la série : disons seulement que le récit se développe selon un jeu de temporalités croisées, heurtées, extrêmement ingénieux. En effet, les morts ne sont pas tous morts la même année. Entre une toute jeune fille morte il y a quatre ans dans un accident de car, un beau jeune homme qui s’apprêtait à se marier mort il y a dix ans, une serveuse morte en 2012, la femme d’un vieux veuf morte il y a apparemment de longues années, un serial killer (mort il y a sept ans ?) et un petit garçonnet quasiment muet mort il y a sans doute très longtemps, des relations vont s’établir, qui se jouent des limites temporelles. Certains se sont déjà rencontrés avant leur mort, mais l’écart d’âge n’était pas le même… Parallèlement, dans cette ville montagneuse, le niveau des eaux semble capricieux…

Les deux premiers épisodes, palpitants (rythmés par la musique envoûtante de Mogwai), chacun centré sur le retour de l’un des morts-vivants, donnent très envie de suivre la série dans son déroulement, que l’on imagine inimaginable !

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

4 thoughts on “Les Revenants, la nouvelle série de Canal + vous hantera longtemps”

Commentaire(s)

  • Je plussoie !!
    Voilà une série de grande qualité!!
    J’ajouterais que la photo est sublime ;)

    novembre 16, 2012 at 11 h 28 min

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