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Le jeu de la Dame : notre série stratégie du début du reconfinement

Le jeu de la Dame : notre série stratégie du début du reconfinement

03 novembre 2020 | PAR Yaël Hirsch

Une bonne partie d’entre nous a passé le week-end avec joie sur le plateau d’un jeu d’échec et dans les jupes sixties de Anya Taylor-Joy. Le Jeu de la Dame ou The Queen’s Gambit en anglais est une mini-série Netflix léchée sur une orpheline qui devient une des meilleures joueuses d’échec du monde.

Une orpheline championne d’échecs

Beth Harmon (Anya Taylor-Joy, élégante et rock) perd sa mère dans un accident de voiture et se retrouve dans un orphelinat du Kentucky, où elle excelle en math et devient addict à deux choses : les échecs qu’elle apprend avec l’homme à tout faire de l’institution, Mr Scheibel et les tranquillisants qu’on donnait aux enfants pour les garder au calme. Adoptée par la neurasthénique Alma Wheatley (très touchante Marielle Heller), elle lui dévoile vite son obsession et aussi son talent pour le jeu d’échec : une discipline de passionnés, internationale, avec des tournois, où il y a aussi de l’argent à gagner …

Une jolie fresque historique

Tenant son titre d’une ouverture célèbre aux échecs, Le jeu de la dame est adapté d’un roman de 1983 de Walter Tevis. Les créateurs sont Scott Franck (notamment co-scénariste de Minority Report pour Spielberg) et Allan Scott (Producteur de Petits meurtres entre amis de Danny Boyle). C’est donc la fiction stratégique du début de ce confinement. C’est aussi une mini-série prenante, qui commence comme une « Rags to riches story » à la Oliver Twist dans un orphelinat pour vite y projeter au plafond du dortoir l’échiquier magique. L’obsession des échecs est très joliment mise en scène. Les personnages secondaires superbement incarnés, y compris la maman adoptive, très touchante, le vieux monsieur bougon qui donne les premiers cours et le jeune concurrent russe venu jouer à Mexico. Et le climat de la guerre froide est forcément présent quand l’héroïne se met à apprendre le russe.

Plus loin dans la folie?

Mais si les échecs sont filmés comme jamais et si l’on quitte vite les frusques et la discipline des années 1950 pour quelque chose de plus libre et rock dans les années 1960, on a un tout petit sentiment d’être laissé sur notre faim. Peut-être reste-t-il reste quelque chose d’un peu sage et paramétré dans cette série qui suit tout de même non pas une mais deux junkies ! Extrêmement léchée, cette série vraiment originale aurait pu aller plus loin dans l’addiction, le rock et la folie, comme le suggérait peut-être la première scène. A voir évidemment malgré cet envie de plus de folie.

Le jeu de la dame / The Queen’s Gambit, de Scott Frank et Allan Scott, avec Anya Taylor-Joy, Bill Camp, Marielle Heller, Netflix, sortie le 23/10/2020. visuel : affiche du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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