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Bodyguard : le thriller politique britannique qui bat tous les records d’audience

Bodyguard : le thriller politique britannique qui bat tous les records d’audience

15 novembre 2018 | PAR Marine Sulitzer

Le petit écran britannique n’avait pas connu un tel succès d’audience depuis les séries Doctor Who et Downtown Abbey. C’est désormais au tour de la série Bodyguard, palpitant thriller politique sur fond de terrorisme islamiste de casser la baraque avec plus 11 millions de téléspectateurs pour le final de la saison.

Bodyguard nous plonge dans le quotidien de David Budd, un vétéran de la guerre d’Afghanistan devenu flic. Après avoir déjoué un attentat dans un train, il se voit promu à la protection rapprochée de la ministre de l’intérieur, Julia Montague. Femme de pouvoir au caractère glacé et déterminée à grimper les marches du pouvoirs en jouant sur la peur des citoyens, Julia ne va pas tarder à se retrouver au milieu d’une intrigue politique sanglante.

Des jeux de pouvoirs contemporains bien ficelés (pouvoir des médias, politique liberticides au nom de l’état d’urgence, solitude des dirigeants), des scènes d’action où l’on est à « bout de souffle » (la scène d’ouverture de 20 min du train piégé est démentielle), et des protagonistes charismatique expliquent en partie le succès de la série. Mais là où beaucoup de programmes de ce type auraient jouer la carte de surenchère avec une histoire d’amour passionnée, de l’action à tout va et une vison manichéenne du l’exercice du pouvoir, le scénariste Jed Mercurio prend le parti d’une histoire ancrée dans la réalité de ses concitoyens avec son lot de désenchantements, de peur et de méfiance par rapport aux politiques. Mercurio, qui nous avait déjà fait vibrer avec la série policière Line of Duty, touche en profondeur en tissant son récit sur des problématiques bien réelles, proche du public, au cœur même de Londres.

Niveau histoire d’amour, on est loin de la romance de Withney Houston avec Kevin Costner et de la mythique chanson I will always love you. Magnifiquement interprété par Keeley Hawes et Richard Madden, le duo de choc entretient une relation contrariée, difficilement descriptible. Ces deux là n’ont rien en commun, parfois même se détestent, mais se retrouvent quelque part entre leur solitude et leurs angoisses respectives. Richard Madden, que l’on avait pu voir sous les traits du beau Robb Stark dans Games of Thrones, nous offre une prestation d’une humilité et d’une justesse rare. Ses transformations successives, d’ancien combattant perturbé en agent super calibré, nous laisse coi. Sa présence à l’écran en fait d’ailleurs le grand favoris pour le prochain James Bond, on l’applaudit ! A féliciter également la réalisation réussie du français Thomas Vincent, le metteur en scène des trois premiers épisodes de la série. Avec une tension sur le fil qu’il parvient à tenir tout du long et des moments d’intimités poignants de réalisme, le jeune cinéaste nous livre une prestation toute en majesté. Pour le hit du petit écran outre-atlantique, on dit oui!


visuel : affiche de la série (c) Netflix

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Marine Sulitzer

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