Cinema

QueerMania #2 : Tinta Bruta, la révolution du cinéma queer vient du Brésil

QueerMania #2 : Tinta Bruta, la révolution du cinéma queer vient du Brésil

06 mars 2018 | PAR La Rédaction

Avec Beira Mar, leur premier film en 2015, les réalisateurs brésiliens Filipe Matzembacher et Marcio Reolon démarraient timidement leur exploration de la difficulté d’être gay au Brésil avec un « coming of age » movie élégant, sensible et maîtrisé. C’est avec les 4 épisodes de leur mini-série The Nest que leur style s’affine et que leur propos social s’étoffe avec force.

Par Franck Finance-Madureira

Tinta Bruta, leur nouveau (et donc deuxième) long métrage, est un véritable chef d’œuvre. Le duo de Porto Alegre affirme un style, une esthétique et des partis pris et redéfinissent les contours du cinéma queer actuel. Récompensé du Teddy Award à la Berlinale en février, le film embrasse son époque. La société dont ils parlent il la connaissent bien puisqu’il s’agit de leur ville, Porto Alegre à l’extrême sud du Brésil. Leurs personnages ? De jeunes hommes gays qui subissent de plein fouet le climat social, la pauvreté environnante et leurs conséquences violentes sur les minorités. Le héros du film, c’est Pedro (première apparition au cinéma pour Shico Menegat, DJ repéré en soirée par les réalisateurs) qui gagne sa vie en s’exhibant sur un chat gay. Mais il a son truc à lui Pedro, sa marque de fabrique : il se couvre le corps de peinture phosphorescente de toute les couleurs pendant ses chorégraphies lascives. Alors qu’un procès l’attend, que sa sœur quitte la ville et l’appartement, il rencontre son rival, celui qui lui a piqué son idée de « peinture sur soi », Leo (Bruno Fernandes), un danseur qui rêve de quitter le pays
Ancré dans la réalité sociale très violente d’une société brésilienne en crise, 
Tinta Bruta parvient à mêler un univers esthétique moderne, exigent et affirmé (lumières, couleurs, musiques), les atmosphères brutes de la ville et un propos fort sur l’acceptation de soi, la réappropriation de son corps et ses émotions. Le film, peu bavard, exprime les éléments les plus importants de sa narration par ses images que ce soient des scènes qui durent (les shows webcam) ou des plans chocs très courts (le mini-flashback, le dernier plan). 
C’est là toute la force du propos de 
Tinta Bruta la force visuelle alliée à un propos social fort, violent, réel. Matzembacher et Reolon, c’est Fassbinder en mode millenial, Jarman sur l’asphalte brésilien, Dolan avec une conscience politique.
  
Franck Finance-Madureira, 
journaliste, corédacteur en chef de FrenchMania et président-fondateur de la Queer Palm, le prix LGBT du Festival de Cannes.

Le film sera projeté lors d’une reprise d’une partie du programme des Teddy Awards (prix LGBT du Festival de Berlin) à Paris au Luminor-Hôtel de Ville courant avril.

Plus d’infos très vite sur le groupe Facebook « Queer Cinema Club »

Visuels : ©Autorisation Queer Mania

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