Cinema
[L’étrange Festival] The Residents en concert, en films, et plutôt en forme

[L’étrange Festival] The Residents en concert, en films, et plutôt en forme

10 septembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Le groupe de musiciens-performers a investi, deux soirs durant, l’Etrange Festival. A suivre, une soirée de projections, le Jeudi 10 septembre, à partir de 20h. Le documentaire Theory of obscurity, puis une collection d’archives vidéo et de films, proposeront un panorama de leur œuvre, à la fois provocatrice et personnelle.

The Residents ShadowlandVoir The Residents sur scène en 2015, ce n’est pas assister à un concert au sens habituel du terme. On observe plutôt trois musiciens masqués déployer un univers qui leur est propre. A certains moments, des films, à l’image remarquablement travaillée, sont diffusés. Les acteurs, qui, semble-t-il, font aussi partie des Residents, y apparaissent recouverts d’un masque squelettique mystérieux. En fait de frisson, c’est plutôt une distance bizarre qui est produite. Des interrogations surgissent. Elles sont la signature de ce groupe formé de membres aux identités réelles non communiquées, auteur, depuis 1972, d’une centaine de disques et de performances mêlant musique et théâtre, ainsi que de projets multimédias et de films.

Ce monument contre-culturel nous propose, en 2015, « Shadowland », récital rock évoquant naissance, renaissance et réincarnation, au fil de morceaux oscillant entre atmosphères de film d’horreur, pop sombre et expérimentations. Sur scène, l’atout maître est la personnalité du chanteur masqué – prénommé « Randy », pour cette fois – qui vit chaque morceau dans sa chair. Bras et jambes agités malgré son âge certain, voix hurlante puis ultra rapide puis posée, traversées de long en large sur le plateau… Sous son masque de vieillard, il apparaît bien plus vivant et émouvant qu’effrayant. A certains moments, les jeux de lumière se font virtuoses, et accompagnent les mouvements furieux de notre « Randy ». Et peu à peu, la musique de The Residents, un peu trop stridente et brute au début, se fait plus mélodique : les rythmes deviennent simples, la guitare plus claire, et on se laisse emporter et séduire. La virtuosité du guitariste nous aide.

Geste poétique gratuit ? critique des temps actuels ? difficile à dire, à l’issue de cette performance musicale. Jeudi 10 septembre, une autre porte d’entrée vers l’essence de ce groupe est proposée par l’Etrange Festival : une soirée spéciale, avec la première française de Theory of obscurity : a film about The Residents, documentaire réalisé par Don Hardy, et une collection d’archives vidéo et de films. Un panorama sera offert, allant des théories de fans aux évolutions du collectif en matière d’art vidéo ou musical. Une occasion parfaite pour contextualiser les différents pans de l’oeuvre de The Residents, et apprécier la portée sociale et artistique de leurs gestes originaux. Et, peut-être, savoir qui ils sont.

A voir lors de l’Etrange Festival, qui dure jusqu’au 13 septembre.

Credits : The Residents perform Shadowland © Forum des images

Infos pratiques

Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
Fall Of Summer
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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