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Le Jeu de l’amour et du hasard, Marivaux

09 janvier 2009 | PAR Soren

© Collections de la Comédie-Française.
Photo Claude Angelini

Dorante et Silvia ont été promis l’un à l’autre par leurs parents. Le jour de leur première rencontre, désirant étudier le comportement de l’autre, ils troquent leurs vêtements contre ceux de leurs domestiques. Le coup de foudre est immédiat mais Dorante et Silvia, se méprenant sur la véritable condition de l’autre, doivent lutter contre leur éducation et leurs préjugés pour s’avouer leur amour.

Cette comédie aux dialogues étincelants devient une peinture de l’amour délicate et légèrement ironique. L’intrigue repose sur « la surprise de l’amour » et « la conquête des cœurs par l’amour », car à la différence de Molière par exemple, l’obstacle à l’amour ne vient jamais de l’extérieur mais réside dans « l’amour-propre » des personnages. Un égo bousculé par les petits préjugés, malentendus, quiproquos où les jeunes héros refusent souvent de s’avouer leurs propres sentiments. Une analyse spirituelle fine de la fantaisie et de la sincérité du jeu de l’amour. C’est probablement ce qui fait que cette pièce de Marivaux nous semble si contemporaine, si proche de nos préoccupations amoureuses actuelles…

Après l’échec de sa première pièce Annibal, tragédie en vers écrite en 1720 pour le Théâtre-Français où plusieurs de ses pièces entreront, au cours du siècle, au répertoire, Marivaux écrit pour la Comédie-Italienne une vingtaine de comédies en prose dont La Double Inconstance (1723) et Le Jeu de l’amour et du hasard (1730), ses deux pièces les plus célèbres. Dans les salons qu’il fréquente régulièrement, Marivaux puise son inspiration, observe, pour mieux les disséquer dans son théâtre, les méandres des sentiments que les préjugés et apparences de la vie sociale imposent. Peu de dramaturges du XVIIIe siècle ont ainsi décrit la condition féminine et les rapports amoureux en termes de classe. Le bavardage galant propre au marivaudage ne séduisit qu’à partir du XIXe siècle. Depuis Théophile Gautier qui décela, derrière son apparente légèreté, la profondeur du théâtre de Marivaux, son succès est allé croissant, faisant de lui, avec Voltaire, l’auteur du XVIIIe siècle le plus joué. Le Jeu de l’amour et du hasard est la pièce de Marivaux la plus représentée à la Comédie-Française depuis 1802.

Florence Thomas, archiviste-documentaliste à la Comédie-Française

Une pièce de Marivaux
Mise en scène Jean-Paul Roussillon
Réalisation de Pierre Badel
1976 – 1 h 44 min
Interprètes de la troupe de la Comédie-Française

« Dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l’être assez. »

Samy Naceri, de nouveau sur la sellette.
Le Partage de Midi, de Paul Claudel
Soren

10 thoughts on “Le Jeu de l’amour et du hasard, Marivaux”

Commentaire(s)

  • Severine HAUCHARD

    très bonne pièce

    janvier 10, 2009 at 12 h 49 min
  • doppagne

    émouvant

    janvier 12, 2009 at 10 h 42 min
  • Dominique Lasne

    Bonne année et bonnes sorties à toutes et à tous

    janvier 12, 2009 at 14 h 50 min
  • Bourroux Heliette

    très gréable!

    janvier 12, 2009 at 20 h 12 min
  • Isabelle ARCAS

    Classique…

    janvier 13, 2009 at 6 h 57 min
  • Rita Taddeo

    J’adore Marivaux…

    janvier 13, 2009 at 20 h 05 min
  • joel hervet

    que de beau livre

    janvier 16, 2009 at 3 h 04 min
  • BOURDON corinne

    SUPER

    janvier 16, 2009 at 19 h 13 min
  • Remi

    moi qui ne gagne jamais rien, j’espère gagné

    janvier 24, 2009 at 21 h 16 min

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